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 without valentine's day, february would be... well, january ?

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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 7 Avr 2012 - 23:29

Un sourire écorcha les lèvres de Ned lorsqu’il entendit la question de son voisin. Il avait déjà dû passer outre bien des barrières qu’il ne franchissait jamais, en temps normal. Oui, c’était un peu chiche de s’en tenir à ‘tu me plais bien’ mais il n’avait pas le courage d’aller au-delà, surtout si c’était pour être éconduit par la suite. Après tout, il avait beau deviner les sentiments d’Elie, il n’était pas prêt à parier sur ceux-ci. D’où sa réserve. Pourtant il s’agissait là d’un fameux pas en avant pour lui. « Tu m’as très bien compris » répondit-il sur le même ton, tout juste assez vague pour se préserver mais pas assez que pour créer un malentendu entre eux. Tu me plais tout court aurait été plus véridique mais il avait opté pour la forme la plus nonchalante qu’il maitrisait davantage, en fin de compte. Et puis, s’il avait prêté attention à ce qui avait précédé, il aurait compris qu’on ne dit pas ce genre de choses à quelqu’un qui ‘plait bien’. Ned avait juste craint que le fait qu’ils ne se connaissaient presque pas vienne trancher l’atmosphère, raison supplémentaire pour laquelle il avait tempéré sa déclaration. Il se mordilla l’intérieur de la joue pour ne pas poursuivre sur cette voie-là, estimant s’être suffisamment exposé pour la soirée, lui qui tenait toujours à taire ses sensations et ses sentiments. Il traça des ronds sur la table, ne relevant les yeux que lorsqu’Eliezer reprit la parole. Ignorant ce qu’il entendait par-là, Ned le fixa sans rien dire. Était-ce une explication ? Un avertissement ? Hochant imperceptiblement la tête pour bien signifier qu’il avait intégré l’information, il commenta simplement : « Je vois… » En fait, non, il ne voyait pas. Mais si son artiste préféré prenait la peine de le signaler, c’est qu’il y avait une raison valable. Raison qui allait sûrement venir. Ou peut-être pas. Fallait-il vraiment qu’il l’interroge ? « Je sais être patient… Si c’est de temps que tu as besoin » Il promettrait tout ce qu’il voulait, si cela voulait dire leur laisser une chance. La patience n’avait jamais été son fort mais après tout, il était prêt à essayer, cela n’allait pas le tuer. Et en même temps, il trouvait sa réflexion déplacée et à la limite du pathétique, comme un parasite qui s’accroche désespérément à son hôte, refusant de le laisser s’éloigner. Il fut cependant rassuré en entendant l’explication de sa confession. Il sentit son cœur s’échauffer à l’idée qu’aucun homme n’avait franchi ce seuil depuis une éternité. Il n’y aurait donc pas de parfum masculin à guetter, pas la moindre affaire appartenant à un autre. Il se fit violence pour ne pas sourire trop ostensiblement. « Ne me dis pas que tu es déjà ivre ? » plaisanta-t-il pour détendre l’atmosphère, laissant au propriétaire du bateau le soin de reprendre les commandes tandis qu’il se contentait de fixer cette terre où le temps reprendrait son cours. Car c’était bien la sensation que ces dernières heures lui avaient donné, l’impression que le temps cessait de s’écouler, là, au milieu de l’océan, en tête-à-tête avec l’homme qui occupait ses pensées vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais comme tout doux rêve qui se respecte, il fallait bien s’éveiller à un moment ou un autre et c’est ce que Ned redoutait. Pourtant, le froid l’avait engourdi et il sentait des frissons lui parcourir l’échine, si bien qu’il n’eut pas vraiment l’impression d’avoir quitté le bateau, même après s’être installé aux côtés du conducteur, même en le suivant jusque sur le pas de la porte. L’idée qu’ils concluent là leur rendez-vous lui traversa l’esprit et il se vit l’embrassant sur les lèvres en lui souhaitant bonne nuit. Mais non. Il avait été invité à entrer et il y avait un soupçon de curiosité dans son impatience à enfin entrer dans ce lieu sacré qu’il pensait inaccessible au commun des mortels. Il entra dans le hall en retenant sa respiration et quand la lumière éclaira les pièces, il observa la maison comme s’il guettait un détail inhabituel – quelque chose qui trahirait la présence d’une tierce personne, par exemple – mais il s’agissait d’une maison comme les autres et finalement, elle n’avait rien d’extraordinaire en dehors du fait qu’elle était habitée par l’homme qu’il désirait plus que tout depuis de trop longs mois. Cette constatation raviva les souvenirs et il trouva aberrant que leur relation se soit résumée à une nuit. Il avait tellement l’impression d’avoir déjà vécu tout un parcours à ses côtés. Il ignorait d’où lui venait cette impression. Il s’avança dans le salon et observa la décoration, cherchant instinctivement le visage de cet autre qui avait eu la bêtise de laisser un être aussi attachant – et attirant – que son voisin. C’était tant mieux pour lui, évidemment, mais il s’interrogeait tout de même sur cette relation qui ne l’avait pas laissé indemne. Il n’était cependant pas du genre à vouloir aborder le sujet des ex et il ne le ferait donc pas sciemment, encore moins ce soir. Un léger rire lui secoua la poitrine en entendant la réflexion d’Eliezer et il répondit presque instinctivement : « Pourquoi ? Tu penses que je ne sais pas me tenir comme un être civilisé ? » Il tourna vers lui un regard malicieux et ajouta, un tantinet railleur. « Tu n’as peut-être pas tort. Il ne faudrait pas grand-chose pour que je te déshabille pour de bon » Comme pour marquer ses mots, il enfonça les mains dans ses poches, anticipant ainsi toute envie qu’il aurait d’aller balader ses doigts du côté d’Eliezer. S’il commençait, il ne s’arrêterait probablement plus et visiblement, c’est ce qu’ils voulaient éviter. « Bon. Et sinon, tu vivais où avant de venir à Ocean Grove ? » l’interrogea-t-il pour changer de sujet et éviter de dévier vers des confessions gênantes. Il entreprit d’observer tout ce qui pouvait être observé, lisant les titres des livres qui étaient soigneusement rangés, se concentrant sur les autres éléments du décor qui pouvaient lui faire découvrir d’autres choses sur Eliezer – en dehors de l’attraction qu’il exerçait sur lui, en somme. Tout était bon pour ne pas se rappeler qu’ils étaient encore ne tête-à-tête mais qu’ils étaient au chaud, cette fois, et qu’il y avait un lit quelque part dans une pièce, non loin de là. « J’aurai le droit de voir ton fameux atelier ? » s’enquit-il en se détournant de l’étagère qu’il analysait pour jauger la réaction d’Eliezer. S’il voyait la moindre hésitation, il retirerait sa question aussitôt, n’ayant pas envie de s’imposer et de lui donner la sensation qu’il voulait envahir toute son intimité. Chacun avait son jardin secret, se dit-il, ignorant qu’il empiétait sur celui de Nathan.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Dim 8 Avr 2012 - 17:05

Ned était décidément incorrigible. C’était incroyablement sexy. « Si tu crois que je te laisserais faire, alors là ... Là ... Ben tu as raison. Je plaide coupable. » répliqua Elie, un sourire mutin au coin des lèvres. Il observa son amant fureter un peu partout et le voir dans sa maison, tangiblement, réellement, lui cause de nouveau des papillons au creux du ventre. Aucun homme n’était venu chez lui. Jamais. A la mort de Nathan, il avait vendu l’appartement et était venu à Ocean Grove dans l’espoir de reprendre une vie normale, et il avait brûlé ce qui restait d’eux dans le jardin, exceptée une photo. Sa nouvelle vie, il l’avait commencé seul, et il pensait la finir de même. Mais Ned était arrivé. Il avait tout chamboulé, ses certitudes, ses doutes, ses sentiments. A cause de lui, Elie avait dû revoir ses plans, s’interroger sur ce qu’il voulait vraiment dans la vie, des questions qu’il évitait d’habitude car elles le ramenaient invariablement à la vie qu’il pensait construire avec son ancien amant. Il en avait presque oublié qu’il avait eu une vie avant Nathan, une vie qu’il pouvait reprendre en main. Maintenant qu’il y avait une raison pour qu’il le fasse. « De Boston. Ca explique mon petit côté BCBG et mes drôles de manières. » répondit Elie, comme s’il venait d’une autre galaxie, avec un sourire en coin. Débarquer à Miami, ville du stupre et du vice, lui avait fait un choc, mais un choc salutaire. Terminées les années passées à se taire et à obéir aux codes de la bonne société bostonienne, ici, il allait être le rebelle qu’il avait enfoui toute sa vie sous des remarques acerbes distillées ça et là. Néanmoins, quand Ned lui demanda s’il pouvait visiter son atelier, Elie hésita une micro-seconde. Etait-il prêt à aller jusque là ? Puis il se souvint ce que Ned lui avait dit lorsqu’ils étaient encore sur le bateau. Il avait suffisamment fait patienter son voisin. Ils avaient tous les deux trop attendu pour se connaître. « On peut même y aller tout de suite si tu veux. » Anxieux et charmé de lui montrer un autre pan de son univers, il invita Ned à le suivre dans la maison, vers l’atelier. Lorsqu’ils entrèrent, Elie referma la porte et appuya sur l’interrupteur. Une lumière douce et tamisée éclaira la pièce, ne jetant qu'une faible lueur sur les tableaux anciens et tous les objets plus ou moins hétéroclites qui se trouvaient là – chaises, meubles, petites sculptures et autres oeuvres non-identifiées. Eliezer s'avança jusqu'au centre de la pièce, remarquant pour la première fois depuis qu’il y travaillait que l’accumulation d’objets aux formes aussi variées que curieuses (et parfois douteuses) donnaient à l’endroit une atmosphère de sanctuaire quelque peu inquiétant. « Je ne peux pas éclairer plus. Ca abîme les tableaux, sinon. » Il sourit et désigna la large baie vitrée qui donnait pile sur le salon de son amant, plongé dans le noir de l’autre côté de la haie. « C'est pour ça que je garde la fenêtre ouverte. Je travaille avec la lumière du jour. Comme le faisaient les peintres avant. » expliqua-t-il d'un air presque candide, émerveillé. Il désigna d'un coup de menton une large fresque biblique qui occupait la moitié d'un mur sur le côté. « Je travaille sur ça en ce moment. Ca date du quatorzième siècle. Mon client l'a fait venir en avion de Venise. En fait, je dois peindre exactement comme ils le faisaient avant. Pigments, jaune d’œuf, vernis à base d’ambre … Là, tu vois, dans le coin, c’est Saint Pierre, et là, Saint Paul, je bosse qu’avec du beau monde. » Enthousiaste, Elie ne quittait plus son précieux sésame du regard. Imperméable à l’idée qu’on ne puisse pas à s’intéresser à quelque chose d’aussi fascinant (de son point de vue), il ne prit conscience de son comportement que lorsqu’il se retourna vers Ned. Contrit, il se mordit la lèvre et baissa humblement les yeux. C’est qu’il avait tellement peu d’occasion de parler de son travail (à part à des étudiants qui préféraient jouer à Angry Birds sur leur smartphone) … Regrettant son envolée artistique, il se passa la main dans les cheveux. « Je parle trop, hein ? Je n'y peux rien, dès que je suis excité, c'est plus fort que- » Ses joues prirent une teinte cramoisie. Non ! Pourquoi maintenant ? Ce qui lui restait d’intelligence semblait le quitter et voilà qu’il se retrouvait seul, perdu, faible face à Ned. « Non mais ... C'est pas ce que je voulais dire, hein, je ne suis pas excité par ... » bafouilla-t-il, confus. Il ne savait plus où se mettre. Seigneur, pourquoi était-il si con dans les moments les plus importants de sa vie ? A sa bar-mitzvah, par exemple, il avait cru intelligent de clamer haut et fort à sa pieuse tante Hannah qu’il ne croyait pas trop à « tous ces conneries » et que la fête était surtout l’occasion « de rendre jalouses ses greluches de sœurs ». Les mots sortaient de sa bouche plus vite qu'il ne l'aurait voulu et il se rendait compte à sa grande horreur qu'il était incapable de les mettre en ordre, se condamnant ainsi à passer pour un idiot doublé d'un obsédé sexuel. Pétrifié à l'idée de devoir ne sortir que des inepties à Ned, il tenta misérablement de rattraper le coup. Si c'était possible, bien sûr. Il se demandait d'ailleurs pourquoi son amant était encore là. A sa place, il lui aurait ri au nez et serait parti en courant. « Et ça veut pas dire que tu ne m'excites pas, non non, c'est pas ce que je voulais- » Juste Ciel. Elie ignorait que c'était encore possible, mais oui, véritablement, il parvenait à s'enfoncer plus qu'il ne le faisait déjà. « RAH. C'est bon, je me tais. Je ne dis plus rien. » bougonna-t-il, lassé de passer pour un imbécile de tout premier ordre devant l'homme qui lui plaisait. Sans prévenir, il mima une fermeture éclair à la place de sa bouche, et croisa ses mains dans son dos, bien décidé à ne plus laisser une seule bêtise sortir de son cerveau défaillant, comme toujours dès que Ned se retrouvait à proximité.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Lun 9 Avr 2012 - 11:29

Un sourire en coin vint trahir le fond de ses pensées tandis qu’il se mordait la lèvre inférieure pour ne pas lâcher un commentaire supplémentaire, qui risquait de le faire basculer dans la folie. Il réalisa soudain qu’il avait la cage thoracique encombrée par un cœur affolé, que ses poumons semblaient oppressés, comme incapables de contenir tout l’air dont il avait besoin. Et il ne fallait pas grand-chose pour ça. Quelques mots, une hésitation, un léger bégaiement qu’il trouvait adorable et un sourire en réponse au sien, mutin, qui l’attirait invariablement vers cet homme qu’il connaissait à peine et qui lui procuraient des sensations neuves, comme s’il avait touché à des coins de son âme encore inexplorés. Il était loin de l’ivresse provoquée par la réaction des corps en contact l’un avec l’autre. Bien sûr, il le désirait autant que la première fois, si pas davantage encore, mais c’était également différent. Ce n’était pas qu’une nuit auprès d’un inconnu, c’était le désir d’en savoir plus, d’apprendre à reconnaitre ses petits tics et manies, ses qualités comme ses défauts. C’était l’envie de ne pas laisser le temps les éloigner sous prétexte qu’ils s’étaient mal compris. « Ce n’est pas la porte à côté » constata Ned distraitement en passant les doigts sur le titre d’un livre. Il n’avait jamais vraiment quitté Miami, pour sa part, sauf quand il était parti faire ses études à New York. La vie là-bas lui avait plu, un temps, et puis il était revenu, plus soulagé qu’autre chose, laissant dans son sillage des choses qu’il préférait oublier plutôt que ressasser. « Je veux » confirma-t-il, loin de chercher à cacher la curiosité qui le piquait. Ce n’était pas comme s’il ignorait à quoi il ressemblait, ce fameux atelier, pourtant, ayant une vue imprenable sur celui-ci de son salon. Mais la concentration et la passion qu’il y avait souvent entraperçues avaient le don de faire vibrer sa corde sensible et il rêvait de le découvrir du point de vue d’Eliezer. Pour comprendre ce qui l’habitait et mieux apprécier ce qu’il verrait par la suite. Abandonnant sa visite du salon, il suivit Eliezer jusque dans l’atelier, dans lequel il pénétra les mains dans les poches, nonchalant, comme à son habitude, mais le visage empreint d’un certain ébahissement, comme un enfant qui pénétrerait dans l’un des plus beaux musées du monde. Il n’avait pourtant pas l’œil expert, l’art lui ayant toujours semblé un peu ennuyeux, à vrai dire. Il prenait cependant une tout autre dimension ici, sous cette lumière tamisée et entreposé de façon aléatoire. Il avait l’impression de se trouver dans le grenier de son grand-père, cet endroit magique où il avait vécu tant d’aventures avec Ginny. Le souvenir de la reconstitution d’une scène des Goonies lui revint à l’esprit. Celle où les enfants découvrent la fameuse carte qui les mènera ensuite dans de folles aventures, et qui les avaient tant inspirés, lui et sa cousine. Ned suivit Eliezer, craignant presque de toucher à l’un des objets entreposés, hochant la tête en l’écoutant attentivement. Il observa les visages en se disant qu’il serait bien incapable de reconnaitre qui que ce soit, n’ayant jamais été très porté sur la religion en général. Mais il ne voyait pas l’intérêt de lui dire que Dieu et lui n’étaient pas de grands amis – ou ne l’étaient plus, pour être exact. Il fut un temps où il avait adoré aller à la messe, écouter les sermons, engloutir l’hostie. Mais cela faisait bien des années qu’il n’avait plus mis les pieds dans une église et il ne comptait pas y retourner de sitôt. S’il n’émit aucun son, ce n’était pas par manque d’intérêt mais parce qu’il ne savait que dire, chose rare chez lui, qui avait toujours un commentaire sous le coude. Or, ici, il n’y avait de place que pour la fascination. Pas seulement pour les objets qui les cernaient mais surtout pour la passion qui semblait enivrer Eliezer dès qu’il abordait son travail. Le contraste était amusant : Eliezer qui s’emportait et Ned qui restait muet comme une carpe, amusé par la façon dont l’artiste s’enflammait un instant auparavant, pour mieux s’enfoncer dans une gêne inutile à présent. Loin de chercher à calmer son embarras, il darda sur lui un regard où se lisaient son admiration et la tendresse qu’il faisait invariablement monter en lui. Et s’il l’abandonna un instant pour aller se poster près de la fenêtre, ce n’était que pour tenir cette promesse muette, cet accord tacite qui semblait s’être installé et qu’il risquait de compromettre s’il s’approchait trop d’Eliezer. Cela faisait bizarre de voir sa maison du point de vue de l’atelier. Le salon avait beau être plongé dans l’obscurité, il n’avait aucun mal à se voir là-bas, installé dans le fauteuil, feignant d’être absorbé par son ordinateur quand il passait plus de temps à jeter des coups d’œil à l’atelier qu’à se concentrer sur Photoshop. Il ne se tourna que quand Eliezer déclara ne plus rien dire. « Si, si, continue. J’aime bien quand tu t’enfonces comme ça » se moqua-t-il gentiment en revenant vers lui, veillant à ne rien toucher. Il vint se poster devant Eliezer et rouvrit la fermeture Eclair imaginaire. « D’ailleurs, tant que tu causes, tu te préserves de l’envie folle que j’ai— » Il s’approcha de son oreille pour que ses paroles ne soient plus qu’un léger murmure : « Je te laisse imaginer la suite » C’était plus fort que lui, son côté provocateur jaillissait à chaque fois qu’il avait le cœur en émoi. Une façon comme une autre de dissimuler la faiblesse qu’il ressentait dès qu’il s’approchait trop de son amant. L’alcool absorbé plus tôt dans la soirée, ajouté à leur proximité et à l’odeur délicieuse qui émanait du corps d’Eliezer – un savant mélange de liberté et d’océan – eut tôt fait de lui ôter toute envie de se contenir. Mais il tint bon, tirant la fermeture Eclair pour refermer cette bouche qu’il désirait tant et conclure : « Maintenant, je ne sais pas ce que tu en dis mais je commence à avoir des frissons avec ces vêtements à moitié humides sur le dos. Ça te dit pas une bonne douche brûlante ? Promis, je garderai mes pattes chez moi… » Son sourire en coin légendaire – sa marque de fabrique – vint arquer ses lèvres tandis qu’il émettait un petit rire et s’écartait volontairement d’Eliezer, bien trop conscient de ce qu’il risquait de faire s’il persistait à se tenir là.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 14 Avr 2012 - 1:20

Ned était un démon. C'est la première pensée qui vint à l'esprit d'Elie quand il le vit sourire. L'espace d'une seconde, l'artiste lui en voulut, de ce pouvoir qu'il avait sur lui en se contentant simplement de lui sourire. Assujetti, il l'était, tout entier, misérablement consentant. Il resta cependant silencieux, quand bien même l'envie de défaillir n'était pas loin quand Ned s'approcha de son oreille. L'envie folle de, de, de ? Presque tremblant de frustration, il posa un regard courroucé sur un Ned visiblement très content de lui. Est-ce qu'il avait seulement conscience de cet effet dévastateur ? Elie en doutait. Ou bien jouait-il avec lui ? Séduit contre son gré par cette idée, Elie tâcha de garder son calme et sa stature, quand il mourrait d'envie de faire le contraire. La simple présence de Ned mettait tous ses sens à vif et il avait besoin, ô comme c'était terrible à dire, besoin de lui. Mis au supplice par la proximité de ses lèvres, ce fut pire quand son amant évoqua la possibilité de prendre une douche. Le visage d'Elie s'embrasa. Non seulement il n'avait jamais fait ça – n'avait-il pas avoué à Ned qu'il n'avait jamais fait l'amour autre part que dans un lit ? - mais en plus, des images particulièrement explicites vinrent se greffer à son imaginaire déjà bien rempli. Un feu rugit dans son ventre et sa poitrine, prêt à sortir, à bondir, à tout réduire en cendres. Oh, comme il le voulait, oui, il ne désirait rien de plus que Ned ... L'artiste tira sur la fermeture éclair, et s'approcha – comme on s'approche d'un animal séduisant et dangereux – de son amant. « Reste sage si tu veux, mes mains sont assez habiles pour deux ... » répondit-il en s'approchant, broyé par l'envie de le toucher, de le toucher vraiment, pas comme sur le bateau où il n'avait eu droit qu'à un avant-goût. Il voulait Ned tout entier. Son visage, son cou, la grâce incurvée de son épaule, la douceur de sa peau – ses lèvres. Ne pas pouvoir l'embrasser lui avait manqué. Il avait été fou de le laisser l'éloigner pendant si longtemps. Et d'ailleurs, Elie ne voulait pas qu'ils soient séparés une seule seconde de plus. Ned n'avait pas cessé de s'esquiver tout au long de la soirée, jouant avec ses nerfs avec une agilité folle, se contentant de lui faire entrevoir tout ce qu'il était capable de lui donner, et Elie en était certain désormais : il voulait plus. Plus qu'un baiser, plus qu'une nuit. Il voulait tous les baisers et toutes les nuits, tous les rires et tous les cris aussi, il était prêt à souffrir un mal pour un bien, tant qu'il y avait Ned au coin de la route. Ce n'était peut-être pas encore cette passion enragée qui l'avait consumé corps et âme pendant quatre ans, ça n'était peut-être pas de l'amour, ou bien, c'était qu'il ne le savait pas encore. Elie avait cru cette flamme éteinte et elle s'était rallumée, vacillante mais bien là, ne demandant qu'à s'épanouir pour les réchauffer et les éclairer. Incapable de se contenir plus longtemps, il se pencha et captura le visage de Ned entre ses mains pour attirer ses lèvres contre les siennes. Enfin, sembla dire tout son corps, et un frisson de délice le parcourut. Les lèvres de Ned n'avaient pas perdu ce goût un peu salé, un peu insolent, qui mettait à mal toute sa décence. Est-ce que tout son corps aurait ce goût effronté ? « Tu m'as manqué. » souffla-t-il d'une voix enrouée, les yeux voilés, quand il consentit à laisser un peu d'air franchir leurs lèvres, pour reprendre de plus belle un ballet endiablé. Attrapant Ned par le col de sa chemise, Elie recula à l'aveugle, toujours contre lui, comme si sa vie ne dépendant que de la présence des lèvres de Ned contre les siennes. Il tâtonna pour ouvrir la porte de l'atelier et ils se retrouvèrent dans le couloir. Où était la salle de bain déjà ? Là, par là. Les paroles de Ned lui revinrent en mémoire, à propos de ce qu'ils pourraient y faire, et le désir le submergea, un désir urgent et irrépressible et impérieux, et doux, si doux qu'il aurait pu en pleurer. Emporté par l'élan de l'artiste, ils heurtèrent la porte de la salle de bain en la refermant, dans un bruit sourd. Il se figea, pétrifié à l'idée d'avoir pu, dans son délire, lui avoir fait du mal. « Pardon, je me suis emballé. » murmura Elie, haletant. Impossible pour lui, cependant, de se détacher de ce corps qui lui donne l'impression de brûler de toute part. A peine consentit-il à séparer leurs deux corps d'un faible espace. Un courant d'air passa entre eux et le fit frissonner. A moins que ce ne soit le souffle de Ned contre sa peau ? Il ne savait plus. Il avait perdu la notion du temps et de l'espace quand son corps s'était retrouvé là où il aurait dû être depuis longtemps : contre celui de Ned. C'était son abri, son refuge, là où il pourrait guérir enfin et se donner une seconde chance. « Pardon. » répéta-t-il, rougissant de son brusque accès de fougue, la poitrine soulevée d'une respiration saccadée. D'une caresse vaporeuse et un peu hagarde, il effleura la mâchoire puis la joue de Ned. « C'est vrai qu'il fait froid. » dit-il tout bas, les yeux rivés sur la chemise de Ned, sans oser pourtant la toucher. Il pouvait sentir l'odeur de sa peau, mélangée à celle de son parfum et de la mer, et ça lui brisait l'esprit d'être si proche et si loin en même temps.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 14 Avr 2012 - 23:44

Il devait bien l’avouer : il aimait jouer avec ses nerfs. Percevoir cette lueur d’indignation dans ses yeux amusait follement Ned et le rendait encore plus désirable, si c’était possible. Le pire, dans tout cela, c’est qu’Eliezer ne faisait rien de spécial. Il était irrésistible dans sa simple façon d’être. Il y avait tant de mots qui venaient à l’esprit de Ned en observant son voisin d’un air malicieux. Sa spontanéité, la façon dont il s’emmêlait les pinceaux, s’enfonçait toujours plus dans sa gêne le rendaient adorable. Le reste électrisait Ned. Et maintenant qu’il se trouvait au cœur de l’âme de l’artiste, il avait l’impression d’avoir fait un pas de plus vers lui, ce qui pouvait être ridicule, puisqu’il n’avait fait qu’entrer dans une pièce, comme il devait y en avoir des centaines d’autres à Ocean Grove, dont la plupart des maisons étaient construites sur la même base. Mais cet atelier ne donnait pas la sensation d’être dans n’importe quelle pièce et Ned se sentait presque honoré d’avoir eu le droit d’entrer. Peut-être qu’il blasphémait en insinuant la tournure que pouvaient prendre les choses ensuite. Loin d’être croyant, il ne pouvait s’empêcher de comparer cet endroit intime à un sanctuaire et il était de notoriété publique qu’on ne faisait pas n’importe quoi dans un sanctuaire. Mais il était également connu que Ned ne prêtait pas grande attention à ce genre de considération. Une fois l’image de l’eau coulant sur leurs corps nus insinuée dans son esprit, il était certain que plus rien ne pourrait l’en déloger et c’est donc une sensation grisante qu’il ressentit quand son corps réagit à ce stimulus. Et la satisfaction de voir Eliezer réagir au quart de tour ne faisait qu’accentuer la douce brûlure qui lui vrillait le ventre. « Oh, vraiment ? » le taquina Ned, qui n’en doutait pas une seule seconde, ayant déjà pu expérimenter l’habileté avec laquelle Eliezer était parvenu à le rendre fou la première fois. En réalité, le fait d’avoir eu un aperçu aggravait son état de manque. La première fois, ça avait été la découverte totale. En plus d’être complètement ivre, Ned n’avait pas cru à sa chance, mais il ne savait rien de l’artiste, à l’époque. Il n’en connaissait peut-être pas beaucoup plus aujourd’hui mais il était déjà plus avancé sur un point particulier : il ne s’était pas trompé quand il s’était dit que cet homme, cet inconnu, piquait sa curiosité, tellement impliqué et appliqué qu’il était dans son travail. Ça avait été là le point de départ de son intérêt pour son voisin. Aujourd’hui, ça allait beaucoup plus loin et cette provocation puérile qu’il utilisait contre lui était une façon comme une autre de se laisser aller à la spontanéité et au naturel avec Eliezer. Après tout, s’ils voulaient s’engager sur un chemin, quel qu’il soit, autant qu’ils sachent à quoi s’en tenir. Ce n’était donc pas une surprise si son cœur s’emballa quand il vit le visage de son amant s’approcher. S’il eut un mouvement instinctif de recul – ou bien cherchait-il à faire durer le jeu, lui-même l’ignorait – il ne tarda pas à répondre à ces lèvres qu’il désirait depuis trop longtemps et qu’il n’espérait presque plus. Il eut une pensée infime pour les objets d’art qui les cernaient mais elle fut rapidement éclipsée par la folie qui s’empara de lui lorsqu’il passa un bras autour du corps d’Eliezer. Incapable de répondre à son aveu, Ned laissa la fièvre l’emporter. Plus question de réfléchir. Plus question de perdre du temps. Oublié le silence radio des derniers mois, c’était comme s’il n’avait jamais existé, pulvérisé par le besoin indescriptible qu’il avait d’être avec Eliezer, pour le couvrir de baisers, pour le combler. C’était tout ce que son esprit parvenait à aligner comme pensées. Ce sont les besoins basiques qui prirent le dessus sur tout le reste et il suivit le mouvement sans chercher à réfléchir. Tout à coup, ils n’étaient plus dans l’atelier, il ne savait pas où ils étaient. Il suivait aveuglément. Plus rien d’autre ne comptait. Juste ce corps, sous ses doigts, ses lèvres contre les siennes et ce souffle chaud qui se mêlait au sien et qui sonnait comme une douce mélodie à son oreille, comme si cela avait un effet euphorisant sur ses propres réactions. La porte claqua et son dos heurta le bois avec un bruit sourd, provoquant un rire chez le webdesigner. « J’aime quand tu t’emballes » ronronna-t-il, légèrement essoufflé alors qu’il retrouvait ses esprits, le temps de quelques instants, juste le temps de réaliser qu’ils étaient dans la salle de bain et que la douche se trouvait à portée de main. Tandis qu’Eliezer s’excusait inutilement, ses doigts s’attaquèrent à la ceinture qu’il déboucla tout en gardant son regard dardé sur le visage empourpré de son amant. « Ah bon ? Je trouve qu’il fait une chaleur monstre, au contraire… » Il tira sur la ceinture qui s’échappa du pantalon comme un serpentin amorphe. « T’as pas envie d’enlever ces couches inutiles ? » Il entreprit de déboutonner sa propre chemise dont il se délesta sans ménagement avant de défaire le bouton de son pantalon qui glissa tout seul en bas de ses hanches, comme pour lui faciliter le travail. « Tout compte fait, je ne sais pas si je vais savoir garder mes pattes chez moi… » sourit-il avant de s’agenouiller pour défaire le pantalon soudainement devenu persona non grata. Il tira sur le tissu avec un sourire en coin et se redressa pour revenir à hauteur de son amant. Ses mains se plaquèrent avec une avidité non dissimulée sur le torse de l’artiste, grimpant comme pour prendre leurs marques, caressant et redessinant la forme de ses épaules pour redescendre dans le dos et se faufiler sous le caleçon. Taquin, il pressa sensiblement le joli fessier de son amant et lui mordilla la lèvre avec un gémissement sourd. Il fallait vraiment qu’il apprenne à se contenir mais il savait que son comportement excessif était causé par le manque qu’il ressentait depuis leur première nuit. Il ne fallait pas s’étonner s’il était impatient et s’il n’attendait que le moment où leur communion serait totale. Mais il n’avait pas non plus envie de précipiter les choses. Prenant la direction des choses, ce fut à son tour d’acculer Eliezer contre la paroi de la douche pour en ouvrir la porte et l’y pousser avec douceur mais détermination. Il tâtonna à la recherche du robinet et finit par le trouver, ce qui le força à quitter les lèvres qu’il dévorait fougueusement pour s’assurer qu’il ne s’apprêtait pas à leur asséner une douche froide qui n’aurait qu’une conséquence néfaste : celle de refroidir leurs ardeurs. Tournant le bouton vers le rouge, il actionna le système et enfin – enfin ! – l’eau tiède se mit à ruisseler sur eux. Il était au paradis et c’est avec un sourire conquis qu’il refit face à son amant. « Au moins, il n’y a pas de requins, ici » plaisanta-t-il en se passant la main dans les cheveux, la gorge étrangement nouée et les poumons comprimés. Il attrapa un tube de gel douche et en contempla un instant la marque avant de le renverser pour faire couler le savon dans sa paume. Puis il se frotta les mains l’une contre l’autre avec un air conspirateur avant de les poser sur le torse d’Eliezer et d’entreprendre un lent et savant massage.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mar 17 Avr 2012 - 2:42

Gêné de cette brusque brutalité, Elie était prêt à se tenir à carreau. Mais les yeux de Ned ... Les yeux de Ned étaient de véritables braises et il était incapable de s'en détacher, tout comme il était incapable de résisteur à la fougue de son amant qui le déshabillait déjà. Ses mains se joignirent de concert, quand bien même elles ne servirent pas vraiment à dénuder son amant. Encore une fois, la beauté, l'attraction que Ned exerçait sur lui le frappa. Elie sentit son corps se tendre comme un arc alors que son amant s'aventurait à lui ôter son jean, s'aventurant de cette façon sur des territoires dont l'exploration le faisait frémir d'avance. Et Ned continuait de jouer avec lui, ses mains se glissant dans des zones trop sensibles pour qu'il puisse rester de marbre. Elie rendit son gémissement à Ned, assujetti au bon vouloir de son voisin, et se laissa faire de bon coeur quand il l'entraîna sous la douche. Son coeur battait follement, avait des montées anarchiques. Depuis quand était-il capable de tant de montagnes russes ? Elie ferma les yeux, savourant cette nouveauté, et il lui sembla qu'il pouvait sentir chaque goutte s'éclater sur sa peau, et sourit vaguement à la remarque de son amant. Il rouvrit les yeux, prêt à répliquer, quand les mains de Ned se posèrent sur lui. Son regard ancré dans le sien le transperça. Elie savait qu'il avait les joues rouges. Etait-ce dû à la brusque montée de température de la cabine de douche, à celle de son propre corps ou au fait d'être exposé ainsi, en pleine lumière, plus vulnérable, plus offert que jamais il ne l'avait été dans sa vie ? Les mains de Ned ... Oh, les mains de Ned annihilaient toutes pensées lucides de son esprit. Dès qu'elles s'étaient posées sur son torse, tout avait disparu, hormis Ned et les traînées de feu qu'il laissait sur sa peau, et que l'eau ne pouvait pas apaiser. Les yeux mi-clos, le souffle court, il cherchait de l'air mais n'en trouvait nulle part, se confrontant sans cesse au vide. Et ce vide gagnait son esprit pour laisser placer à un autre qu'il ne connaissait pas. Ned, avait-il envie de crier, Ned, arrête ou tu vas me rendre dingue, mais il n'y parvenait pas, il était la victime de son habileté, de ses mains traîtresses qui l'emmenaient vers des chemins toujours plus sauvages et dangereux. Il semblait à Elie qu'une brutalité incapable à contenir s'emparait de lui tandis que les mains de Ned jouaient sur son corps, avec une insolence dont il n'était jamais rassasié. Comment pouvait-on être à la fois si doux et si cruel ? Hagard, Elie ne savait pas répondre. Brusquement, il passa une main derrière la nuque de Ned, ses yeux voilés par des nuages de vapeur, et l'attira à lui pour un baiser qui lui fit oublier un instant où ils se trouvaient. Comment pouvait-il le désirer à ce point ? Pourquoi son coeur menaçait-il de rompre son rythme ? Quand il lâcha les lèvres de Ned, Elie le fixa un instant, cherchant à imprimer dans sa mémoire ce moment qui semblait se graver de lui-même dans sa peau. La main toujours posée sur la nuque de son amant, il inversa leurs positions toute la délicatesse dont il était encore capable et colla doucement Ned à la paroi de la douche. Un sourire vint fleurir sur les lèvres d'Elie, et il commença à tracer de fines arabesques sur le corps de son amant, du bout de ses doigts. Il sentait cette force, ce besoin monter en lui, et bientôt, il ne put réprimer cette douce sauvagerie que Ned avait fait monter en lui. Tendrement, sa bouche suivit le même chemin, désireuse de toujours plus, goûtant la peau de son torse, de son ventre, de tout le reste. Elie ne se savait pas capable de ça. Se donner entièrement, sans contrainte, lui avait toujours été étranger, du moins, le croyait-il jusqu'à maintenant. Tout ce qu'il voulait, c'était faire trembler Ned de ses mains, de sa langue, de sa bouche, il voulait l'entendre murmurer son prénom, le voir s'abandonner à lui, et tant pis pour la décence, tant pis pour l'hésitation, tant pour la peur. Son ventre se tordait de désir au fur et à mesure qu'il se montrait plus enhardi dans ses caresses, que sa langue se faisait plus taquine et plus lascive. Mais il ne lui assènerait pas le coup de grâce. Il lui laissait la faveur de les unir. Doucement, Elie laissa ses mains reprendre possession du torse de Ned et le reste de son corps suivit, se collant à celui de son amant. L'eau qui coulait sur eux ne calmait rien l'ardeur dont Elie était la proie. Comment d'ailleurs aurait-il pu se calmer ? Il brûlait. Il avait beau être constellé de gouttes d'eau, chaque parcelle de sa peau s'embrasait au contact de celle de Ned et il cherchait à être encore plus proche de lui, comme s'il n'y avait pas d'autre endroit au monde où il aurait pu se trouver. Ce contact presque total l'électrisa et il vint mordiller le cou de son voisin pour évacuer une frustration qui ne faisait que grandir de seconde en seconde. "Ned." murmura-t-il enfin d'une voix rauque, haletante, presque douloureuse, son visage aux joues rouges caché dans le cou de son amant, martyr de ses baisers. "Ned, je t'en prie." Il y avait presque quelque chose d'amoureux dans le son de sa voix, quelque chose de pressant, désespéré et terriblement doux à la fois.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 21 Avr 2012 - 23:07

Se pouvait-il que son corps soit endormi, plongé dans une sorte de léthargie dont il n’était extrait qu’au contact de son voisin ? C’est la question qu’il se posait à chaque fois qu’il se trouvait avec lui, seul ou au beau milieu d’une foule – ce qui n’était pas encore arrivé souvent. Son corps était électrisé par la proximité du sien et tous ses sens semblaient s’éveiller en même temps, le rendant plus fébrile et sensible à tout ce qui provenait du corps étranger. Il était affamé de ses mains, assoiffé de ses lèvres, frissonnait à chaque frôlement, tremblait quand leurs peaux se caressaient, innocentes. Il avait froid et chaud à la fois, tenait à se remettre les idées en place sans y parvenir. Soulevé par une onde intérieure, il ne réagissait qu’aux stimuli provoqués par Eliezer, qu’ils soient inconscients ou non. C’était comme si on l’avait mis en face de la seule personne à avoir été façonnée pour lui correspondre parfaitement. Il aimait tout en cet homme : de son regard d’un bleu profond à ses mimiques ennuyées, la façon dont il pouvait se montrer buté, les balbutiements dont il était victime quand il craignait qu’il se méprenne sur ses paroles. Son corps brûlait, son cœur fondait, son sourire s’étirait, ses doigts le démangeaient. N’ayant jamais été réellement amoureux, il ne pouvait que supposer qu’il s’agissait là de la véritable attraction, celle qui rendait fou, celle qui rendait insensé. Il avait pu goûter aux plaisirs des corps mais jamais avec une telle communion entre le cœur et l’âme. Il ne battait pas pour rien, c’était certain et s’il ne pouvait pas encore réellement mettre des mots ou expliquer pourquoi il ressentait tout cela, il savait qu’il ne se trompait pas, c’était tout ce qui l’intéressait. Il avait le visage en feu, comme tout le reste de son être. Loin d’y discerner de la gêne, il fallait y voir l’exaltation que représentait cet acte purement spontané qui lui faisait déjà tourner la tête, au simple souvenir de la sensualité et de la volupté de leur dernière étreinte. Il étala la mousse avec un soin puéril et laissa ses lèvres vagabonder sur la gorge de son amant, tandis qu’il mordillait sa peau par endroit, éprouvait le besoin de la goûter à d’autre. Le souffle court, il tâchait de se rapprocher d’Eliezer mais sa peau était glissante à cause du savon qui s’écoulait lentement entre eux. C’était comme si on avait appliqué un film invisible entre eux pour l’empêcher de s’approprier totalement son voisin. A défaut de pouvoir rester en place, il laissa ses mains jouer avec les nerfs de l’artiste, s’amusant de le voir offert et vulnérable. À lui, tout à lui. C’était comme s’il était en transe et il ne revint que partiellement à la réalité lorsque sa bouche rencontra à nouveau celle de son amant et que sa langue glissa avec bonheur pour savourer sa chaleur. Souriant d’un air à la fois amusé et charmé, Ned se laissa guider et ferma les yeux avec un léger grondement quand Eliezer joue à son tour avec lui, le forçant à contenir le désir ardent qu’il avait d’en finir rapidement. Il voulait s’abandonner, céder à ses plus bas instincts, oublier qui il était et se perdre en Eliezer pour savourer ce trop bref instant pendant lequel ils ne formaient plus qu’une et même personne. Sa respiration, déjà saccadée, s’accentua alors qu’il était sous le joug des caresses d’Eliezer. Il avait parfois l’impression que ses jambes allaient lâcher, tout comme son cœur, qui n’était pas assez fort pour contenir autant de choses sans exploser. Déglutissant avec peine, Ned tâcha d’aspirer l’air, sans y parvenir. Il émit un son presque animal et chercha quelque chose pour se cramponner mais rien ne lui vint sous la main à part la surface trop froide de la paroi transparente. « Wow » souffla-t-il plus pour lui-même qu’autre chose alors qu’il rouvrait les yeux. Jamais il ne s’était retrouvé esclave de ses émotions à ce point. Il ne contrôlait plus rien, enivré par les sensations que l’artiste lui procurait. Le regard presque vitreux, il suivit les contours du corps d’Eliezer, un sourire comme figé pour l’éternité sur ses lèvres. C’était comme si l’euphorie de l’instant ne le quitterait plus jamais, il serait heureux à vie, comblé par les mains habiles et la bouche experte de son amant. Ses bras enlacèrent le corps nu et trempé et le serrèrent contre lui, un bref instant, juste le temps d’imprimer sa chaleur dans sa peau avant de le relâcher pour se glisser dans son dos et venir se coller à lui, le cœur prêt à éclater en mille morceaux. « Quoi ? » ronronna-t-il à son oreille comme s’il ne se doutait pas ce que signifiait ce ton suppliant. Je t’en prie. Mais fallait-il vraiment le prier ? Il se rendait avec joie, abandonnait toute illusion de contrôle, laissait de côté les incertitudes qui les avaient menés jusque-là. Il se donnait. Corps et âme. Chaque cellule de son être semblait vouloir se fondre dans le corps de son amant. Il parsema les épaules de l’artiste de quelques baisers, cherchant à retenir le plus longtemps possible le moment où il rejoindrait Eliezer, où il n’existerait plus, quelques instants seulement, avant de revenir à la réalité. Pourquoi fallait-il que les choses si délicieuses soient celles-qui durent le moins longtemps ? Sensible aux moindres mouvements de son amant, il finit par lâcher complètement prise, tandis que ses mains venaient enserrer celles de l’artiste, comme s’il craignait qu’il ne lui échappe. Dansant au rythme de son voisin, il dut faire semblant de mordre dans le tendre de l’épaule pour ne pas que les sons ne s’envolent. Il avait entendu l’appel désespéré de son amant et y répondait avec toute l’attention qu’il pouvait lui offrir, confiant son âme et son avenir à cet être imprévisible et envoûtant. Le moindre de ses muscles était tendu et c’est donc avec une douleur exquise qu’il sentit son corps lâcher prise et s’abandonner totalement, en parfaite harmonie avec celui de son voisin. Essoufflé, en sueur malgré l’eau qui persistait à les inonder, il libéra Eliezer de son emprise et se recula pour lui laisser la liberté de revenir vers lui ou de reprendre son souffle. « Il n’y a pas à dire, tu es doué avec tes dix doigts » gloussa-t-il en se passant une main dans les cheveux. Éreinté et envahi par cette douce sérénité qui l’avait envahi la première fois, il esquissa un sourire trempé à son voisin. Une seule chose lui semblait certaine, et cela n’avait rien avoir avec l’abandon total auquel il venait de succomber, c’était que quelle que soit la suite des événements, il ne laisserait plus aucun malentendu les éloigner l’un de l’autre. Enivré par Eliezer le premier soir, il venait d’être hypnotisé pour de bon par la soirée inattendue qu’ils venaient de passer ensemble. Glissant une main dans la nuque de son amant, il n’avait rien de plus à ajouter. Il se contenterait de le regarder et de se perdre une fois de plus dans le lagon de ses yeux bleus.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mar 24 Avr 2012 - 2:29

Elie se retrouvait dans une situation qu'il maîtrisait assez peu. D'habitude, c'était lui qui prenait un plaisir mutin à jouer avec les émotions de ses amants, à les faire languir, oh, rien qu'un peu, un tout petit peu, juste pour le plaisir d'entendre son prénom exhalé dans un murmure. Se retrouver presque tremblant, se sentir perdu lorsque les lèvres de Ned ne répondaient pas aux siennes, tout ça était nouveau pour lui et procurait une brûlure délicieuse dans tout son être. Mais rechercher le contact avec le corps brûlant et pourtant humide de son amant n'apaisait en rien le feu qui dévorait tout son corps et toute son âme. Les suppliques balbutiées lui échappaient presque, et lorsque Ned se glissa dans son dos, aussi nonchalant qu'un félin, Elie crut voir sa raison lui échapper pour de bon. Les lèvres de Ned sur ses épaules étaient comme des baisers de papillon et ce n'était pas assez, il lui en fallait plus pour apaiser ce feu qui ondoyait dans son ventre. Et comme répondant à ses prières silencieuses, Ned excauça son voeu. Tendu, Elie se mordit la lèvre mais dut bien vite renoncer à se tenir sage. Des sons inaudibles, des paroles hachées s'échappaient d'entre ses lèvres. Ned le rendait fou, littéralement. Il n'en s'était pas rendu compte, jusqu'à présent. Il s'était parfois senti vulnérable pendant qu'il faisait l'amour, mais jamais autant qu'à cet instant. Et étrangement, jamais il ne s'était senti aussi en sécurité, comme si Ned détenait tout pouvoir sur lui, celui de lui faire du bien comme du mal. Mais il savait aussi -intimement, sans avoir besoin de mots- que son amant n'était pas celui qui le ferait souffrir. Non, il avait confiance en Ned, une confiance aveugle qui se passait d'explications. Tout sonnait juste avec lui, malgré les chemins détournés qu'ils empruntaient pour construire leur histoire. Et rien n'était plus vrai que ce qui ce qui se passait en cet instant, le souffle de Ned, son corps qui ondulait contre le sien, leurs mains qui s'aggripaient, ses lèvres contre son épaule. Elie avait les lèvres entrouvertes, mais aucun mot n'en franchissait le seuil. Il tâchait seulement de ne pas manquer d'air, mais Ned le conduisait un peu plus chaque seconde vers le point de non-retour, sans lui laisser le temps de penser à autre chose qu'à eux. Son univers se retrouva réduit à cette cabine de douche embrumée de vapeur, et son unique centre d'intérêt était cet homme qui le privait de toute sa lucidité. Et l'espace d'un instant, Ned et lui ne firent plus qu'un, quelques trop courtes secondes qui l'envoyèrent voir les étoiles. Dans un souffle, il murmura le prénom de son amant, traversé par des frisson électriques, anéanti par ce plaisir qui le taraudait depuis le début. Chaque goutte d'eau stimulait sa peau à vif et il reprit difficilement son souffle. Son coeur tambourinait dans sa poitrine, affolé, presque douloureux à force de cogner, et Elie dut attendre de longues, trop longues, secondes avant de pouvoir revenir se lover dans les bras de son amant. Il ne voulait pas être séparé de lui, pas après ce qu'il venait de se passer. Il eut un ronronnement de contentement à sa remarque et un petit sourire se dessina sur ses lèvres quand il releva les yeux pour lui faire face. « Pas autant que toi. » Il n'ajouta rien. Ned n'avait pas besoin de confirmation pour savoir tout le bien qu'Elie pensait de lui et de ses mains habiles, et il se contenta de lui voler d'autres baisers, frissonnant de temps à autre sous l'eau tiède.

Plus tard, quand ils furent pelotonnés l'un contre l'autre dans son lit - et ces trois mots avaient quelque chose d'irréel et magique à la fois - et qu'Elie pouvait sentir le corps de Ned se soulever doucement contre le sien à chaque respiration, il sut qu'il avait fait le bon choix. Le parfum de son amant, la mélodie de son souffle contre son cou, la caresse de sa peau contre la sienne le berçait, l'apaisait, et il lui semblait qu'il avait un peu moins froid dans sa poitrine, privée depuis trop longtemps de cette douceur qu'il avait cru inutile. Il n'était peut-être pas totalement guéri, ni totalement rassuré par l'avenir qui s'offrait à eux, mais Elie ne ressentait ni regret, ni remord à faire entrer Ned dans sa vie. La réflexion lui arracha un sourire cotonneux et il se tourna précautionneusement vers lui. S'il dormait ou pas, impossible de le savoir avec cette pénombre. Il ravala la question qui lui brûlait les lèvres - tu dors ? - et se rapprocha tout doucement de son amant. Ils ne se connaissaient pas encore assez, mais brusquement, Elie avait envie de tout savoir de lui. Il avait l'impression qu'au fond, il s'était dévoilé bien plus que Ned ne l'avait fait. Il devinait vaguement que sous les abords affables du jeune homme se cachaient des choses plus profondes, peut-être plus douloureuses. Mais ça ne faisait rien. Il accepterait. Qui était-il, après tout, pour juger des actes des autres ? Il traînait son propre lot d'épreuves, il avait pris des mauvaises directions et son parcours était jalonné d'erreurs. Mais rien ne pouvait ternir ce qu'il s'était passé entre eux ce soir, rien ne pouvait capturer la lumière ni la volupté de cet instant, ni leurs passés erratiques, ni leurs tâtonnement difficiles, ni leur futur incertain. Un sourire vint affleurer ses lèvres et il chassa toutes ces pensées de son esprit pour se concentrer sur la seule et unique chose qui importait à l'instant présent : la présence de Ned à ses côtés, dans son lit. "C'était une chouette Saint-Valentin." murmura finalement Elie, la voix basse et douce comme une caresse. Il déposa un tendre baiser dans les boucles éparses, s'imprégna de leur parfum encore un peu humide et vint finalement trouver sa place idéale, calé sur l'épaule de Ned, blotti tout contre lui. Il n'aurait pas voulu être autrepart pour tout l'or du monde et plus encore.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mer 25 Avr 2012 - 13:37

THE END
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ?

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