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 without valentine's day, february would be... well, january ?

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Message(#) Sujet: without valentine's day, february would be... well, january ? Mer 15 Fév 2012 - 18:37

vente aux enchères, janie's.

Après que l’ouragan « Ned » soit passé dans sa vie et ait balayé tout ce qu’il y avait de stabilité dans son pauvre petit cœur balloté de Charybde en Scylla, Elie avait décidé de tirer un trait sur tout ça et d’essayer de passer à autre chose. Après tout, il pouvait très bien vivre avec ce goût amer dans la bouche, il n’aurait qu’à le noyer dans les fonds de bouteille qui traînaient dans ses placards depuis tellement longtemps que la date de péremption n’avait au fond plus vraiment d’importance. Bref, il était bien décidé à effacer ce désastre et à reprendre une vie normale (faite d’alcool et de nuits blanches passées à inhaler des produits chimiques dans son atelier) quand un matin, quelques jours après sa rencontre avec Ned dans la librairie, il passa devant un joli panneau rose bonbon qui, non content d’agresser ses prunelles de cette couleur écœurante, réduisit à néant tous ses espoirs d’oubli. C’était l’annonce d’une vente aux enchères ... d’hommes, avec des allusions pour le moins scabreuses adressées aux jeunes femmes d’Ocean Grove et sur ce qu’elles pourraient faire subir à leurs joujoux d’une nuit. Et parmi ces généreux messieurs se trouvait un certain Ned Norton. A partir de là, toutes les bonnes résolutions d’Elie s’étaient envolées. Adieu réserve et retenue, bonjour folie furieuse et imagination délurée. C’était une occasion unique, et il ne voulait pas la laisser passer. Sourd aux appels de sa banquière, inquiète de voir son client le plus radin, dépenser une folle somme d’argent en si peu de temps, il avait enchéri sur son amant (sans pourtant s’interdire un petit coup d’œil aux charmants casse-croûtes qu’offrait le menu spécial du Janie’s ce soir-là – il avait même enchéri sur un bel inconnu aux yeux bleus, au cas où) et ... l’avait finalement gagné. Cependant, pas question de la jouer rentre-dedans ce soir. De toute façon, il n’attendait rien de plus de cette soirée qu’un véritable pardon (on y croit tous) et pour ce faire, il s’était mis en quatre, à commencer par sa tenue (il ne pouvait pas rivaliser d’excentricité avec toutes ces demoiselles mais les chemises blanches avaient toujours flatté son allure, du moins, quand il ne s’en servait pas comme chiffon à peinture) et surtout, son état d’esprit. Ce n’est pas en affichant une mine de six pieds de longs qu’il allait convaincre Ned de passer une bonne soirée. Aussi, lorsqu’il s’approcha de Ned tandis que les charmants petits lots se dispersaient un peu partout, il lui sourit largement. « J’ai toujours aimé les animaux, et ils me le rendent bien alors je n'ai pas résisté. » lança-t-il en guise de bonsoir. Puis il sortit l’arme ultime : le regard de chiot battu. « Je te jure que tu ne vas pas le regretter. Promis, je te laisserais tranquille ensuite, et tu auras tous les droits de reconstruire le Mur de Berlin entre nos fenêtres ensuite. »
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Ven 17 Fév 2012 - 12:21

Participer à ce genre d’événement avait toujours été son dada. Il ne fallait pas grand-chose à Ned pour qu’il se lance dans ce genre d’activité. Quant au fait qu’il y avait de fortes chances qu’il soit remporté par une femme, cela ne l’ennuyait pas pour un sou puisqu’il s’agissait d’un jeu, avant tout. Rien de bien sérieux, donc, voilà ce qui plaisait à Ned. Il avait observé les mises être surenchéries, amusé et plutôt flatté de voir sa cote augmenter si rapidement. Il savait que le fait d’être né à Miami et d’avoir pratiquement vécu toute son existence à Ocean Grove y était pour beaucoup. Tout le monde, ou presque, le connaissait, ce qui facilitait grandement les chances de ne pas être oublié ou en reste par rapport aux autres hommes ‘à vendre’. Il avait même soupçonné sa cousine d’être pour quelque chose dans cette montée de prix, la jeune femme étant issue d’une famille plus qu’aisée, tout comme lui, bien qu’elle le cache derrière son attitude changeante et parfois perturbante. Évidemment, l’espérance d’être racheté par un homme aux yeux d’un bleu si profond qu’il avait tendance à s’y perdre n’était pas complètement évanouie, malgré leur conversation. De plus , Ned se disait que ce n’était pas vraiment le genre d’Eliezer de s’intéresser à ce genre de bêtise, d’où le scepticisme de Ned sur la réelle chance de le voir chercher à l’obtenir. Mais il avait beau être convaincu qu’il finirait avec un ménagère de plus de cinquante ans – ces femmes avaient toujours eu un faible pour lui – il y avait une petite voix, au fond de lui, qui soufflait le prénom tant désiré et qu’il tâchait parfois d’oublier, en vain. Autant dire qu’il avait été ravi – et c’était un euphémisme – de découvrir le nom de son généreux acquéreur. Tourmenté par cette tendance à toujours revenir vers son voisin, malgré l’écart évident de leur vision des choses, il avait senti son cœur s’emballer à la perspective d’avoir un nouveau rendez-vous – un vrai, cette fois, même si c’était pour une œuvre caritative – avec l’homme de ses rêves inavoués. Il était également bien content d’avoir fait un effort sur la tenue – il fallait bien jouer le jeu jusqu’au bout et ce, même s’il avait été remporté par l’une des copines de sa mère. Au fond, il espérait bien faire regretter à Eliezer de ne pas lui avoir sauté dessus dès le lendemain de leur nuit. Après tout, c’était la faute de l’artiste s’il en était à ce stade, à se languir d’un homme qu’il ne connaissait pratiquement pas mais qui n’en restait pas moins irrésistible. Le cœur gonflé d’angoisse, il vit les uns et les autres s’éloigner en duos prévisibles ou improbables et ne se détourna que pour tomber nez-à-nez avec un Eliezer visiblement bien décidé à le torturer. « Quelle âme généreuse » répliqua Ned, une pointe de sarcasme involontaire dans la voix. « J’espère bien. Si tu me voles une soirée en compagnie d’une déesse, il faudra bien cela pour me faire oublier cette impertinence » Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Les mots s’échappaient de sa bouche sans qu’il parvienne à les retenir. Rien de tout ce qu’il disait n’avait de sens ou, au contraire, exprimait l’exact opposé de ce qu’il voulait dire en réalité. Il secoua la tête, maudissant sa bêtise et celle d’Eliezer. « Tu n’as visiblement rien compris » conclut-il simplement avant de se forcer à sourire. « Bon, on va s’asseoir ? » Sans attendre de réponse, il alla s’installer à une table placée spécialement pour la Saint Valentin et qui annonçait un diner en tête-à-tête des plus compromettants.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 18 Fév 2012 - 17:12

Elie savait que ce ne serait pas facile. Pourtant, il était animé d'un optimisme à toute épreuve pour cette soirée. Et il n'allait pas se laisser impressionner par les sarcasmes de Ned, qui lui tirèrent un sourire malicieux, même si le « tu n'as visiblement rien compris » fendilla le temps d'une seconde sa belle assurance. Il se consola en profitant de la délicieuse vision que lui offrait son voisin, qu'il ne lâchait pas du regard. S'intimant le calme, mais pas la réserve, Elie répliqua. « Je te trouve bien ingrat, Norton. En fait de déesse, t'aurais pu te retrouver avec cette petite blonde totalement folle. » Il désigna d'un coup de tête la fille, qui, quelques instants plus tôt, avait généreusement révélé à toute l'assistance que son lot avait des morpions. Il était bien décidé à ne pas se laisser démonter par les réticences de son voisin, même s'il fallait lui forcer un peu la main. Ce qu'il allait faire dès à présent. « En fait, on ne reste pas ici. » Un sourire énigmatique se dessina sur les lèvres d'Elie. Il ignorait ce qui se serait passé si jamais il n'avait pas obtenu Ned aux enchères, mais puisqu'il l'avait gagné, tout pouvait se dérouler selon le plan qu'il avait échafaudé. « Pas de protestation possible. Au prix où je t'ai payé, tu es à moi pour toute la soirée. » ajouta-t-il, les yeux pétillants. Sans un mot, il l'invita à le suivre à l'extérieur. Un sourire qui semblait impossible à décrocher flottait sur les lèvres d'Elie, mais ce n'était que pour mieux masquer sa nervosité naturelle. Et si ça se passait mal ? Et si Ned lui sommait de le déposer devant chez lui ? Stop. Interdiction de penser à une chose pareille alors que tout se déroulait à peu près bien. Une multitude de voitures étaient garées devant le Janie's et Elie se dirigea vers la sienne. Il se retourna vers Ned et lui ouvrit la porte. « Si Monsieur veut bien se donner la peine ... » lança-t-il avec un clin d'oeil. Il fit claquer la portière quand son amant fut entré et s'installa à son tour. « J'espère que tu aimes la mer. » murmura-t-il en démarrant, après lui avoir jeté un regard furtif. Et ce fut le seul indice qu'il consentit à donner tout le long que dura le trajet. Il resta silencieux tandis qu'il conduisait, les néons clignotants de la ville disparaissant au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de la mer. Finalement, arrivé devant un panneau indiquant « Marina de Miamia Beach », Elie ralentit et se gara. Toujours sans mot dire, Elie se dirigea vers la petite jetée, le long de laquelle mouillaient de nombreux bateaux. Puis il stoppa alors qu'il était arrivé presque au bout. La mer était calme et la lune s'y étalait comme un tapis de lumière. Elie s'était arrêté devant un petit yacht, blanc et bleu. Son véritable chez-lui. C'était peut-être l'endroit, en dehors de son atelier, où il se sentait le mieux. La mer avait toujours eu la préférence d'Elie, et s'il avait pu, il aurait certainement vécu sur son bateau. L'artiste attrapa les cordages, et avec des gestes experts, rapprocha le bateau du quai pour faire coulisser la rampe d'accès. Il se tourna avec Ned. « Bienvenue chez moi. Monte, je t'en prie. » fit-il, le coeur battant, tout d'un coup. L'idée d'inviter Ned sur son bateau lui était venue subitement, sans qu'il ne sache pourquoi. Peut-être parce que c'était plus symbolique qu'il ne l'aurait voulu ? Il repensa alors à sa petite mise en scène, pour diluer ses doutes soudains. Il avait installé une table sur le petit pont et entortillé le bastingage de guirlandes lumineuses. C'était peut-être un peu trop romantique pour une simple réconciliation entre voisins, mais Elie occultait cette possibilité. Il était bien décidé à offrir à Ned le dîner le plus insolite de sa vie.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Dim 19 Fév 2012 - 21:53

C’était tout juste s’il daigna accorder un regard à ladite petite blonde totalement folle. Il se contrefichait de ce qu’il se tramait autour depuis qu’il avait entendu le prénom de son acquéreur être lancé à la cantonade. Sourd aux autres couples, il aurait aimé l’être un minimum au ton d’Eliezer. En plus de cela, il fut coupé dans son élan. En réalité, il avait hâte de s’asseoir, au moins, il se sentirait plus en sécurité que là, sur des jambes en coton, à l’idée d’un tête-à-tête avec son voisin. Plus les choses se corsaient entre eux, plus il se sentait maladroit et incapable d’exprimer ce qu’il voulait réellement dire. Où était donc passée son assurance de leur premier rendez-vous ? Quand il ne se laissait pas démonter par la réticence évidente d’Eliezer ? En fait, il savait pourquoi il était victime d’un tel changement : avant ce fameux soir, l’artiste n’était qu’un fantasme, une rêverie éveillée dont il ne connaissait rien à part le physique avantageux. À présent, il savait à quoi et à qui il avait affaire et chaque nuit passée sans lui était un véritable calvaire tant il se languissait de sa présence. Il admettait qu’il n’était pas évident de savoir ce qu’il avait exactement derrière la tête mais de là à ce qu’Eliezer ne voit rien de rien, ne soupçonnant pas un instant qu’il n’attendait qu’un mot pour que leur relation tourne du tout au tout… C’était la frustration plus que la colère qui parlait. « Ah. » fut sa seule réponse quand Eliezer lui apprit qu’ils ne restaient pas là. La foule aurait eu au moins l’avantage de contenir sa langue trop pendue. Visiblement, il ne pouvait plus compter sur cette excuse. « C’est toi le patron » déclara-t-il ensuite en levant les mains pour lui éviter tout laïus inutile. Il suivit donc docilement Eliezer à l’extérieur et s’installa, toujours en silence, quand celui-ci lui ouvrit la portière. Son enthousiasme ne rendait pas l’air bougon de Ned dès plus aisé. Il voulait qu’il cesse cette mascarade, il n’avait pas la patience de savoir où il l’emmenait. Il voulait juste que leur situation soit éclaircie, qu’ils arrêtent de tourner autour du pot quand il était évident qu’ils étaient intéressés par l’autre. Evidemment, il ignorait toujours tout de ce nuage appelé Nathan qui obscurcissait leur relation, auquel cas il aurait peut-être été moins récalcitrant et aurait apprécié les efforts qu’Eliezer faisait pour radoucir leurs liens. Il haussa les épaules, comme un garnement en pleine séance de bouderie. Les roues du véhicule les transportèrent dans la nuit noire, jusqu’à proximité de la jetée et il suivit toujours sans un mot, traversant la jetée, se doutant de ce qu’ils venaient faire là. Ned observa Eliezer alors qu’il s’activait, les gestes experts, pour rapprocher le bateau et leur permettre ainsi de grimper à bord. Quand son bel amant l’invita à monter, Ned s’exécuta sans se faire prier, le fait de retrouver le pont d’un bateau lui rappelant ces étés, quand il était enfant, et que son père l’emmenait naviguer dans les environs. Il n’était plus jamais remonté sur un bateau depuis, pour une raison qui lui échappait complètement. Son regard s’attarda sur les guirlandes lumineuses et sur la table et il maudit sa réserve et l’attitude qu’il avait adoptée bien malgré lui jusqu’à présent. « Tu ne fais pas les choses à moitié, en tout cas » dit-il en guise de compliment avant de fermer les yeux en soupirant. « Je suis désolé, je ne sais pas ce qui me prend. Je suis un vrai connard. Tu as dépensé beaucoup d’argent pour m’avoir, tu ne mérites pas un tel comportement » Comme si c’était le fait qu’il ait enchéri. Lamentable. Il aurait voulu retirer tout ce qu’il avait dit jusqu’à présent, redevenir Ned le souriant, Ned l’insouciant. Mais il n’avait qu’à regarder Eliezer pour savoir que c’était l’artiste qui était la cause de cette mauvaise foi. Si seulement ils avaient commencé sur des bases saines, peut-être qu’ils n’en seraient pas là. « Je vais être sage » promit-il finalement en se frottant les paumes l’une contre l’autre. « Par où on commence ? »
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mer 22 Fév 2012 - 23:48

Les jambes en coton, Elie monta à la suite de Ned sur le bateau et défit les cordages et la rampes d'accès qui retenait le navire au quai, scellant ainsi leur petite virée en mer. Il darda un regard anxieux sur son compagnon et accueillit ses drôles d'excuses avec un soulagement mêlé de tendresse. Il laissa planer un court silence qui se passait de mots avant de répliquer. « Si tu veux m'aider, remonte les amarres. » fit-il en désignant les gros plots qui battaient la coque blanche. « Et installe-toi ensuite. Je t'emmène faire une petite balade. » Elie s'installa aux commandes du bateau et lui décocha un sourire. « Si t'es vraiment sage, je te laisserai conduire au retour. » ajoua-t-il en enclenchant le moteur. Pourvu qu'il n'y en ait jamais, souffla une petite voix, mais il la chassa aussitôt. Le vrombissement du moteur retentit dans le port silencieux et bientôt, ils quittèrent la marina. Les guirlandes installées sur le bastingage éclairaient la mer tandis qu'ils avançaient, et dispersaient des taches couleur menthe à l'eau sur le rideau noir et lisse de l'océan. Puis ils s'éloignaient de la ville, et plus les étoiles semblaient grossir et briller. Tant qu'il se concentrait sur le volant, Elie se sentait à peu près sûr de lui, muré dans un silence nerveux qu'il faisait passer pour de la concentration. Mais dès qu'il stoppa le moteur, alors que la côté n'était plus qu'une multitude de points lumineux, et qu'il dut faire tomber l'ancre pour éviter au bateau de dériver, il comprit qu'il lui était impossible de rejoindre Miami à la nage comme il eut très envie de le faire pendant dix secondes. Tout un tas d'idées à dix mille lieues de ce qu'il avait prévu de faire et de dire se bousculaient dans sa tête, et plus il regardait Ned dans son joli petit jean moulant, moins il avait envie de mettre à exécution le plan réconciliation. Cependant, il n'était pas question qu'il se détourne de son but – à savoir la mise au placard de cette histoire qui les avait abîmés tous les deux. Une fois le bateau stabilisé, Elie se glissa dans la cabine, autant pour aller chercher à manger que pour se soustraire à la vision trop tentante de son voisin. Comme à son habitude, il se cogna la tête en descendant dans le petit habitacle, tâtonna jusqu'au petit garde-manger et farfouilla dedans jusqu'à trouver une bouteille de vin ... unique rescapée de son oubli. Il épousseta la bouteille et s'extirpa de la cabine, la mine désolée, son maigre butin, plus deux verres, dans les bras. « J'espère que le cadre rattrape le festin, j'ai eu un imprévu. » fit-il avec un regard penaud. Elie brandit la bouteille de vin en avant, pour faire oublier le piètre non-repas qui les attendait et posa le tout sur la table. Il aurait donné n'importe quoi pour tout savoir des pensées de Ned à l'instant. Autour d'eux le silence n'était troublé que par le doux clapotis de l'eau contre la coque. Mais le coeur d'Elie battait tellement fort qu'il avait l'impression qu'on pouvait l'entendre à des kilomètres. « Je propose qu'on trinque à Saint Valentin. Qui est aussi le patron des épileptiques, au cas où tu ne voudrais pas trinquer aux amoureux. » murmura-t-il, la voix caressée d'un sourire tandis qu'il servait deux verres. Bien. Très subtil.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Dim 26 Fév 2012 - 22:39

Remonter les amarres. Voilà quelque chose qu’il n’avait pas entendu depuis des lustres et une certaine nostalgie s’empara de lui au souvenir de son enfance. Il s’exécuta donc sans se faire prier, s’attaquant aux amarres, les gestes étonnamment experts, comme s’il avait encore fait cela la veille. Finalement, c’était peut-être comme le vélo, une fois qu’on se remettait en selle, c’était reparti ! Il n’avait peut-être pas la tenue idéale pour s’activer ainsi mais cela lui était égal. Il n’avait jamais eu peur de se salir les mains, malgré la richesse dans laquelle il avait été élevé. Ce mode de vie ne lui manquait pas du tout mais il était vrai qu’en montant sur le bateau d’Eliezer, l’idée qu’il aurait aimé en posséder un lui aussi lui traversa l’esprit. Étrangement apaisé par ce constat, il alla s’installer quand il en eut terminé avec les amarres. Il croisa les doigts derrière sa nuque tandis que le capitaine prenait place aux commandes. Il émit un léger rire quand Eliezer émit l’idée qu’il pourrait conduire s’il était vraiment sage. Oubliée, la déception de ces derniers mois ? Loin de là. Mais l’atmosphère qui les embrassait avait quelque chose de paisible, comme une douce berceuse qui calmerait les tourments de son esprit. Et il en avait bien besoin, alors que la côte s’éloignait et qu’il réalisait qu’il n’aurait aucun moyen de fuir, cette fois. Hors de question de quitter le bateau comme on prend la porte d’une boutique. Il faudrait faire face et assumer ses actes et ses paroles. Plus facile à dire qu’à faire quand on était incapable de se contrôler. Le doux ronronnement finit par annoncer l’arrêt momentané de la promenade et Ned sentit un frisson lui hérisser les poils de la nuque. Il décroisa les doigts et les jambes et enfonça les mains dans ses poches, à l’abri de toute démonstration de nervosité. Il appréhendait ce moment où le silence serait rompu. Tant que le moteur vrombissait, ils avaient une excuse pour rester muets mais plus maintenant. Quand Eliezer disparut dans la cabine, Ned se leva, incapable de tenir en place en attendant qu’il remonte. Il fixa Miami, lointaine ville auréolée de lampes. Que faisaient les autres couples de cette soirée ? Il s’interrogea sur la façon dont se serait passé le rendez-vous s’ils étaient restés au restaurant et réalisa qu’il n’avait aucune envie d’échanger contre ce qu’ils avaient pour l’instant, quel que soit le malaise qui lui étreignait les intestins. Il constata également que malgré le ressentiment, il restait attiré par ce voisin étrange et changeant. En fait, c’était peut-être ce ressentiment qui prouvait justement qu’il avait couché avec un homme en ayant voulu plus, avant même de l’avoir embrassé. Et cet homme ne partageait pas cette vision des choses, se rappela-t-il, ce qui rendait les choses encore plus douloureuses à accepter. Non seulement son amour propre avait été égratigné, mais en plus il avait la sensation que cette attraction ne disparaitrait pas de sitôt, encore moins s’ils persistaient à se retrouver en tête-à-tête. La voix d’Eliezer le ramena à la réalité et il tourna la tête. L’air ennuyé et désolé de l’artiste lui broya le cœur, ce qui le poussa à répliquer : « L’inverse aurait été plus ennuyeux. Un diner sans vin, impardonnable. Un vin sans diner, ma foi… » Il revint s’asseoir. « Ce n’est pas moi qui ne veut pas trinquer aux amoureux » glissa-t-il, un peu traitre en levant son verre. « Aux épileptiques, donc ! Même si cette image est bien moins glamour » Il but deux trop longues gorgées et grimaça en reposant son verre. « Délicieux » commenta-t-il alors qu’il n’avait pas vraiment cherché à en apprécier le goût mais plutôt à faire disparaitre cette pointe malicieuse qui lui martyrisait le cœur. « Mon père avait un bateau. Il m’emmenait régulièrement en mer quand j’étais gamin » dit-il pour s’en tenir à sa promesse d’être sage, s’évertuant à mettre de côté sa rancœur pour retrouver son sourire habituel. La vie était tellement plus simple quand il prenait tout à la légère. Peut-être que tout redeviendrait normal s’il cessait de jouer à l’éconduit qui digère mal sa déconfiture.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mar 28 Fév 2012 - 0:52

La petite remarque de Ned sur les amoureux électrisa son coeur, mais il tâcha de ne rien laisser paraître. Ce n'était pas le moment. Pas encore. « T'as de la chance. Le truc le plus fun qu'a jamais fait mon père, c'est m'emmener dans son cabinet de dentiste et me montrer l'intérieur intégral d'une bouche humaine. Je m'en suis jamais remis. » sourit-il après qu'ils aient trinqués. Il était un peu dur avec son père. Mr Rosenberg n'était pas le plus doué des pères, mais il s'était toujours soucié du bonheur de son fils. Passées les petites blagues d'usage, Elie savait qu'il ne pourrait pas repousser le moment fatidique plus longtemps et son visage prit une expression un peu moins joviale, tout en tâchant de garder un sourire de circonstances. « Je suis content d'avoir réussi à t'avoir. Je ne veux pas penser à ce qui serait arrivé si j'avais dû passer la soirée avec quelqu'un d'autre. Je crois que le type en question en aurait fait une syncope, de se retrouver avec moi plutôt qu'avec une pin-up. » Sans doute que pour se faire pardonner d'avoir quelque peu gâché la soirée de son lot, il lui aurait offert un verre et laissé ensuite baguenauder dans la salle à la recherche d'une proie bien plus alléchante parmi les nombreuses déçues qui devaient évoluer comme des âmes en peine dans la salle de Janie's. Elie se passa nerveusement la langue sur les lèvres, fit jouer son verre entre ses doigts puis accrocha le regard de Ned. Son coeur rata un battement et il sut que s'il ne se lançait pas à la minute, il ne le ferait jamais. « Tu sais, la dernière fois, j'étais en colère. Je t'ai dit plein de choses stupides parce que ... » Pourquoi ? Elie avait un million de réponses. Parce que tout ça était trop compliqué, parce qu'il y avait Nathan comme une épée de Damoclès au-dessus de son coeur, parce qu'il n'avait pas l'habitude de coucher comme ça avec un parfait inconnu. Il aurait pu donner des milliers d'excuses. Mais il y avait une raison qui surpassait toutes les autres. Et de très loin. « Parce que le matin même, je t'avais vu sourire au facteur comme tu m'a souri à moi, et ça m'a rendu fou de jalousie, voilà. » Non. Non, ce n'était absolument pas ça qu'il avait prévu de dire. Enfin si, mais pas comme ça, pas aussi sincèrement en le regardant dans les yeux et pas le coeur battant à tout rompre, comme la dernière des princesses en détresse. Elie sentit ses joues devenir cramoisies et il posa le verre sur la table, jugeant plus prudent de garder ses mains vides puisqu'elles semblaient animer de tremblements compulsifs incontrôlables. Il tenta de rattraper le coup, mais s'enfonça encore plus lamentablement. « En-enfin il n'y a-a pas que ça he-hein bien sûr, mai-mais enfin c'est la-la raison prin-prin-principale et ... Merde. » Pathétique. Elie se leva pour reprendre contenance, tourna le dos à Ned et se passa les mains dans les cheveux. Il sentit le vent de la mer lui caresser le visage et cette fraîcheur lui procura un vague sentiment de bien-être qui lui donna la force de se retourner. « Pourquoi ce genre de choses, c'est jamais simple ? » demanda-t-il, n'adressant pas forcément sa question à Ned, mais plutôt à cet univers mal foutu qui faisait des relations sentimentales un véritable dédale de questions sans réponses.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Lun 5 Mar 2012 - 23:47

Ned écouta en hochant la tête, un léger sourire aux lèvres en entendant l’anecdote d’Eliezer. Peut-être qu’ils auraient dû commencer par-là, se dit-il distraitement. S’ils avaient parlé avant d’agir… En regardant son voisin, pourtant, il se dit qu’il n’aurait pas résisté à l’envie de l’embrasser. Là encore, alors qu’il gardait un goût amer de ces derniers mois, il n’avait rien d’autre en tête. Avalant sa salive avec difficulté, il reporta son attention sur l’océan paisible. Les pères, ces hommes mystérieux, dont on ne savait jamais s’ils étaient fiers ou non. Ned n’avait jamais su comprendre les gestes de son père, qu’il devinait pourtant affectueux. Maladroits, certes, mais affectueux. Il s’était toujours demandé comment il avait vécu la révélation – si seulement c’en était une – de son homosexualité. Il n’avait jamais dit un mot de travers à ce sujet mais en même temps, ce n’était pas l’homme le plus loquace qui soit, quel que soit le sujet de conversation. Tout le contraire du webdesigner qui n’avait généralement pas la langue dans sa poche, alimentant les discussions autour de la table. Mais était-ce vraiment une interrogation qu’il souhaitait analyser ce soir, alors qu’il l’avait tant de fois fait dans le passé ? Maintenant ? Vraiment ? Son cerveau avait décidément une drôle de façon de fonctionner. Comme si penser à son paternel allait apaiser ses tourments. Il revint au moment présent quand Eliezer changea de sujet et ne put ignorer la pointe insidieuse qu’il ressentit en l’entendant mentionner ‘un autre’. Qui qu’il soit, Ned l’aurait jalousé. Finalement, lui aussi, il était bien content que l’artiste l’ait eu, quoi que cela signifie. Il aurait pu dire qu’il ne voyait pas pourquoi le mec se serait plaint, mais il s’en abstint. Au lieu de quoi, il but une autre gorgée, ne facilitant probablement pas la tâche à son amant d’une nuit mais puisqu’il était tellement ravi de l’avoir eu, il se sentait moins coupable de le faire mariner. Le visage sérieux alors qu’il n’avait qu’une envie, laisser poindre ce sourire charmé qui lui taraudait les lèvres, il fixa Eliezer. Il n’avait aucune envie d’être transparent, il l’avait déjà trop été. Surpris qu’il aborde leur dernière rencontre – et en même temps, qu’aurait-il pensé si le sujet n’était pas venu sur le tapis ? – il se rembrunit légèrement, sentant ses joues s’échauffer. Il avait particulièrement honte de son attitude puérile. Il n’avait pas voulu l’affronter, il s’était retranché dans son coin et n’avait eu qu’une envie : fuir cette scène humiliante avant de passer pour le névrosé qui espère l’épouser après une nuit unique dont il ignorait jusqu’à la signification pour Eliezer. Il ne pipa mot, le laissant continuer. À quoi bon vouloir couper court quand il savait que ce serait l’un des nœuds du problème. Et quand il évoqua le facteur, Ned fronça les sourcils, se demandant de quoi il parlait. Il ne comprit que quand il se leva et se détourna. Et l’hilarité le prit au creux du ventre. Un rire presque dément s’étrangla dans sa gorge. Il n’y avait pourtant rien de drôle mais apprendre que s’ils avaient perdu tout ce temps, c’est parce qu’il avait souri à un ancien camarade de classe, c’était le comble de l’ironie. Il finit par laisser échapper un rire franc, regrettant déjà sa faiblesse. Eliezer pouvait se vexer de le voir prendre la situation à la rigolade mais c’était la nervosité qui parlait pour lui. Pris d’un fou rire, il mit une bonne minute à le ravaler avant de hoqueter : « Merde. Tout ça pour ça ? » Il se passa la main sur la bouche, espérant faire disparaitre les vestiges de sa folie. « Je le connais depuis que je suis gosse. On a été à l’école ensemble. Et crois-moi, si je lui ai souri comme je t’ai souri à toi, ce n’était pas intentionnel. D’ailleurs je ne pense pas que ce soit le cas. » En réalité, il était convaincu du contraire. Jamais il ne sourirait à un autre comme il lui souriait à lui. Pour la bonne et simple raison qu’aucun autre ne lui faisait ressentir tant de choses en même temps. « Visiblement, ce n’est pas simple parce qu’on se complique la vie inutilement… » Il se leva, abandonna son verre et vint se poster près d’Eliezer. « On va faire les cons combien de temps, encore ? Je pense être plutôt doué quand il s’agit de faire des histoires mais j’ai l’impression qu’on perd plus notre temps qu’autre chose… » Il se mordit l’intérieur de la joue. « Alors ça va être quoi, Rosenberg ? » dit-il en utilisant son patronyme pour dédramatiser un peu l’atmosphère. « Parce que pour être franc, si on peut repartir d’un bon pied, ne plus s’éviter comme ça, je suis partant. » Il lui tendit la main comme pour sceller un pacte avant de conclure, grisé par l’air marin et par l’attrait que son artiste de voisin provoquait invariablement. « Et plus si affinités »
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Jeu 8 Mar 2012 - 10:42

Elie s'était attendu à ce que Ned lui rit au nez. Après tout, c'était tellement ridicule, tellement futile et sans importance qu'il n'aurait pas imaginé une autre réaction (peut-être celle de lui tomber dans les bras des étoiles plein les yeux, mais connaissant le personnage, il en doutait). Mais en revanche, il ne s'était pas attendu à ce que Ned lui balance un rire tonitruant au visage, ne faisant que l'enfoncer un peu plus dans la gadoue de sa honte. Gêné, mais aussi en colère de voir sa fierté et ses sentiments piétinés avec autant d'allégresse, il se mura dans un silence qu'il essaya de faire passer pour de la dignité. Il ne pouvait pas en vouloir à Ned, surtout que son rire était aussi délicieux que son sourire, mais Elie était un être orgueilleux dont l'ego se remettait mal d'avoir été froissé. Comme un gosse pris en faute, il évita le regard de son amant, le posant n'importe où sauf sur lui. A la fois buté et honteux, il ne savait pas quoi faire à part persister. "Ouimaisquandmêmej'aipasaiméça." Les yeux rivés sur ses pieds, en train de se tordre les mains, Elie avait murmuré ça vite et bas, ses joues ayant pris une délicate teinte rose crevette. Un ancien camarade de classe ! Il aurait donné n'importe quoi pour se terrer dans un trou de souris et disparaître du champ de vision de Ned. Il jeta un regard à l'immensité noire de la mer pour éviter de croiser le regard de son amant et il se sentit soudain tout disposé à battre un record de nage. Seulement, il ne put éviter bien longtemps la confrontation puisque Ned s'approcha - imperceptiblement, Elie se décala, prêt à sauter par-dessus bord au cas où. Mais la suite le cloua et lui fit écarquiller les yeux, et il en oublia la main tendue de Ned. "Attends. Je ne te suis pas, là. Je viens de me ridiculiser et tu veux encore de moi ?" Elie était sincèrement ébahi. A la place de Ned, il aurait exigé d'être reconduit à terre et de ne plus être approché à moins de cent mètres par un fou pareil. Ned était peut-être l'un de ces types qui ne pouvaient pas s'empêcher de s'intéresser aux cas désespérés, dont Elie était clairement l'un des plus brillants représentants. "En fait, plus je fais les choses de travers, plus tu aimes ça." finit-il par murmurer, un petit sourire indéfinissable aux lèvres. Après tout, Elie lui avait renversé son verre dessus, il l'avait embrassé alors qu'il était ivre, il s'était tiré comme un voleur et n'avait pas donné de signe de vie pendant des semaines. Pour Elie, les choses étaient claires : Ned aimait qu'on le malmène. Petit coquin. "Et qu'est-ce qui te fait croire que je puisse avoir des affinités avec toi ?" demanda-t-il, la voix douce et narquoise, une lueur de malice au fond de ses prunelles azurées. Ned s'était joué de lui, maintenant, c'était à son tour. Les choses prenaient une tournure tout à fait innatendue, mais au fond, n'était-ce pas ce qu'il avait souhaité en amenant son amant dans cet endroit si cher à son coeur, si symbolique, peut-être même trop ? C'était un endroit où il n'avait jamais emmené qui que ce soit, pas même Nathan. C'était son jardin secret, son véritable chez-lui et le fait qu'il y ait laissé entrer cet homme sans préavis, sans même véritablement le connaître, tout simplement parce qu'il était dévoré par l'envie sauvage et irrépressible de l'avoir à ses côtés, parlait pour lui-même. Elie était souvent d'une mauvaise foi sidérante, surtout avec lui-même, mais s'il avait un jour songé à une réconciliation sans conséquences, à l'instant, il devait admettre que rien ne lui faisait moins envie que d'envisager cette option. Tout son être était aimanté par celui de Ned, comme poussé par une attraction fatale à laquelle il était délicieux de succomber. Elie avait lutté contre elle ces derniers mois, lutté désespérément, cherchant à se cacher cette vérité crue, gênante et pourtant tellement humaine, qui ne correspondait plus à ses principes et aux sentiments auxquels il s'était fidèlement tenu. Il pouvait se souvenir, à jamais, mais son coeur aspirait de nouveau à la vie. Le constat lui paraissait effroyable, anormal, injuste pour son amour perdu, mais la faim d'être aimé et désiré ne se faisait jamais plus sentir que lorsque Ned était dans les parages, et à l'instant, elle lui vrillait les entrailles, occultant tout le reste.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Lun 12 Mar 2012 - 20:05

On pouvait traiter Ned de tout ce qu’on voulait, on ne pouvait pas lui reprocher d’être rancunier. D’ailleurs, comment aurait-il pu bouder Eliezer après un tel aveu ? C’était aussi hilarant qu’attendrissant et son cœur avait fondu, purement et simplement. Il aurait aimé retenir ce rire idiot mais la situation était tellement grotesque qu’il en avait été incapable. Et puis, une fois la crise passée, il s’était senti plus détendu, comme si laisser échapper son incrédulité avait dissout tout le reste. L’amusement au creux du ventre, il s’était approché, espérant ne pas avoir vexé son voisin. Mais Ned était entier, il ne pouvait pas dissimuler longtemps ses émotions et le rire en faisait partie. S’il avait dû tenter de retenir son hilarité, ça n’aurait fait qu’empirer les choses. Finalement, plus vite c’était sorti, mieux c’était pour eux deux. « Rien de te ce que tu pourras faire ne parviendra à me détourner de toi, Rosenberg » répliqua Ned, le sourire aux lèvres mais on ne peut plus sincère. « Exact, et si tu continues sur cette voie, tu risques de ne pas revenir entier à la côte » plaisanta-t-il, parfaitement conscient que ce qu’il venait de dire éradiquerait tout le reste. Prétendre repartir à zéro et, en même temps, rappeler qu’ils ne pourraient jamais complètement effacer cette nuit qu’ils avaient partagée. Ce nouveau départ était donc une belle illusion, la bonne blague de la soirée, mais si ça pouvait permettre qu’ils se revoient, Ned ne se priverait pas de faire toutes les promesses du monde. Un second rendez-vous – ou troisième, selon le point de vue – ne serait pas de refus, même s’il sentait bien qu’il aurait beaucoup de difficultés à rester sage, tant Eliezer avait un effet néfaste sur sa santé mentale. « Oh, je pense avoir un bon pressentiment » rétorqua Ned en se glissant devant Eliezer pour lui faire complètement face. D’un geste lent et prudent, il vint encadrer le visage de l’artiste, posant son regard partout sauf au fond des prunelles de son amant d’une nuit. « Maintenant que je sais qu’un simple facteur peut te mettre dans tous tes états… » Une taquinerie qu’il conclut d’une approche vive, pour empêcher son acheteur de répliquer ou de s’écarter. Il scella leurs lèvres mais ne l’embrassa pas réellement, se contentant de rester un moment immobile, les yeux clos avant de se détacher lentement. « Tu ne m’en voudras pas de ne pas savoir me tenir, j’espère… J’ai l’estomac vide. La faute à qui ? L’alcool m’est monté à la tête… » Il recula d’un pas, puis d’un autre, portant les doigts au premier bouton de sa chemise. « Mais je connais un moyen de m’éclaircir les idées… » Ils avaient beau être à Miami, la température de l’eau n’était pas très élevée quand il faisait nuit mais ça l’était encore moins en cette période de l’année. Ce n’était pourtant pas ce qui allait arrêter Ned. Se délestant de sa chemise, il déboucla sa ceinture et s’extirpa de son pantalon. « On ne mate pas » dit-il, railleur en tournant le dos à Eliezer pour se débarrasser de son boxer. Nu comme un ver, il alla se percher sur le pont avant d’effectuer un plongeon dans la nuit noire… et dans l’océan. La fraicheur de l’eau lui arracha un cri à la fois amusé et surpris mais elle eut au moins l’effet de le réveiller complètement. Il émergea à quelques brassées de là et agita les bras et les jambes en observant la silhouette imposante du bateau. Il cligna des paupières pour chasser l’eau saline et sourit à une ombre, nageant un instant en silence avant de s’écrier : « Aaaah, je me noie » d’une façon tout à fait ridicule qui prouvait bien que c’était loin d’être le cas. « Au secours, je ne sais pas nager… » Il n’avait pas fallu grand-chose pour que Ned redevienne lui-même, l’éternel farceur qui ne prenait rien au sérieux.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Jeu 15 Mar 2012 - 23:32

Ned était un être surprenant. Ca, Elie pensait l’avoir bien intégré et même être allé au bout du caractère de cet homme au sourire renversant. Pourtant, quand il vint encadrer son visage de ses mains et jouer avec ses nerfs de la plus odieuse des façons, son cœur bondit de stupéfaction. Quoi ? Qu’est-ce qu’il lui voulait ? Qu’est-ce qu’il faisait ? Elie avait beau essayer de le suivre et de décortiquer chacune de ses réactions, il était perdu un peu plus à chaque fois. Mais ça n’était pas si désagréable, en vérité. Le baiser de Ned le prit par surprise, mais le plaisir qu'il en retira n'en fut que meilleur et il s'y perdit avec volupté, profitant de ce qu’il voulait bien lui offrir. Tout son être protesta violemment quand son amant s'écarta, et il tendit les bras pour le rattraper et l'attirer contre lui. Seulement, les doigts agiles de Ned le devancèrent et Elie s'immobilisa, fasciné, subjugué, misérablement assujetti à la vision délicieuse de ce corps qui se dévoilait. L'esprit plus blanc que blanc, court-circuité, il resta paralysé, ses yeux se régalant de chaque parcelle de Ned, sans rien imprimer de plus. Ce ne fut que lorsque son voisin lui intima de ne pas se rincer l'oeil outre-mesure qu'Elie prit conscience de l'état dans lequel il se trouvait, et surtout de ce que son amant s'apprêtait à faire. Une sensation de froid glacial et mordant l'envahit, prenant le pas sur la chaleur qui ronronnait dans son ventre. « Ned, non, attends ! » Mais trop tard. Elie, impuissant, le vit plonger et disparaître dans l’eau noire. Le cœur battant à cent à l’heure, non plus de désir mais d’inquiétude, il faillit défaillir quand il le vit remonter à la surface. « Mais t’es complètement malade ou quoi ?! T’es au courant qu’il y a des requins ici ? » hurla le peintre. Le sang battait à sa tempe, et il ne savait pas s’il devait être furieux contre Ned de lui avoir fait une telle frayeur (en plus de s’être dérobé à lui) ou soulagé de le voir gigoter dans l’eau, sain et sauf. Il ne savait pas s’il y avait vraiment des requins dans les eaux de Floride, mais il y avait forcément des bestioles bizarres et étranges. Il regarda Ned s’éloigner un peu du bateau et l’idée de le savoir tout seul et nu dans cette immensité sombre lui fila la chair de poule. Tant pis, s’il fallait sauter, alors il sauterait ! Doucement, il ôta sa chemise et son jean, mais hors de question qu’il quitte son boxer. Trop pudique et trop frileux, surtout (comme si ça changeait quoique ce soit). « Tu me payeras ça, Norton ! » cria-t-il à l’aveugle, espérant le faire trembler d’effroi. Et il sauta. La rencontre avec l’eau fut un baiser glacial et mordant. Il sentit sa respiration se couper, et il crut qu’il n’allait jamais remonter à la surface jusqu’à ce que l’air ne surgisse de nulle part. Revenu à l’air libre, il se passa la main dans les cheveux et chercha son amant du regard. Enfin, il le localisa, à quelques mètres de là. Il nagea en sa direction. « Si tu voulais vraiment que je me déshabille, tu aurais pu t'en charger au lieu de me faire plonger dans une eau glaciale en pleine nuit.» grommela Elie dans sa barbe. Il louvoya doucement dans l'eau, à la manière d'un prédateur qui observe sa proie et prépare son attaque avec la plus grande minutie, et une fois qu'ils furent à la même hauteur, s'approcha suffisamment de son compagnon pour lui voler un baiser vengeur, pas aussi profond qu'il ne l'aurait voulu mais assez pour faire naître en lui le même feu qui l'avait traversé quand ils avaient fait l'amour. Ses lèvres avaient un léger goût de sel, et cela suffit à faire flamboyer le brasier allumé au creux de ses reins. Elie s'écarta lentement, et caressa les lèvres de Ned du bout des doigts, juste un instant. Il avait faim de lui, de sa chaleur, de son sourire, une faim si prenante et si dévorante qu'elle en était presque douloureuse. Pourtant, à cet instant précis, il avait peur. Quand Ned s'était élancé dans la mer noire et glacée, et qu'il n'avait rien pu faire pour le rattraper, quand cette main glacée s'était refermée sur son coeur comme une cage, il avait compris que rien ne le terrifiait plus que de perdre quelqu'un à nouveau. Une peur irrationnelle, presque folle, mais une peur qu'il ne pouvait ni contenir ni contrôler. « C’est drôle, c’est moi qui suis mort de trouille cette fois. » confessa Eliezer dans un souffle, toute chaleur l'ayant quitté pour le laisser se faire engloutir par les eaux de plus en plus froides de la baie de Miami. Il battit des bras et des jambes pour se réchauffer, et s’écarta de son amant. Mais était-il toujours un simple amant ? Toujours premier quand il s’agissait de fuir ses responsabilités – il avait tenté de les assumer une fois et vu comment ça s’était terminé, il ne comptait pas recommencer de sitôt – il tenta de dérider l’atmosphère et de faire oublier ce qu’il venait de dire quelques secondes plus tôt. « Mais je suis sûr que ça irait beaucoup mieux si on remontait sur le bateau. Je te jure que j’ai senti quelque chose frôler mon pied. Et ne tente aucune blague salace. » Et comme pour l'encourager, il commença une petite brasse en direction de leur fier navire.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 24 Mar 2012 - 15:45

À vrai dire, il n’avait pas pensé une seule seconde à l’éventualité que des prédateurs nageaient à proximité, évoluant dangereusement à quelques mètres sous ses pieds et s’apprêtant à le happer pour l’emmener vers le fonds marins. Il fit mine de jeter un coup d’œil autour de lui, guettant l’aileron qui signerait son arrêt de mort mais il faisait trop sombre pour voir quoi que ce soit et il finit par hausser les épaules avec une désinvolture non feinte. Tant pis pour les requins. Il remua des bras et des jambes pour se réchauffer, sentant le froid s’insinuer en lui mais convaincu que l’émoi qu’Eliezer provoquait chez lui le tiendrait au chaud. D’ailleurs, inconsciemment, il avait probablement essayé d’échapper à une envie folle d’envoyer tout en l’air et d’oublier que jusque-là, ils n’avaient toujours pas appris à se connaitre, passant la nuit ensemble, puis se disputant, puis se réconciliant sur un bateau. Qu’allaient-ils faire ensuite, s’ils commençaient comme ça ? Noyant son sourire dans l’eau, il se laissa tout juste couler pour n’avoir que les yeux à l’air libre pour observer les moindres faits et gestes de son voisin qu’il entendait ronchonner. Il n’émergea qu’en voyant Eliezer se jeter à l’eau et n’amorça aucun mouvement pour l’approcher. À quoi il jouait ? Il n’en savait rien. Il testait leur relation, mettant les nerfs de son amant à l’épreuve. « Je n’étais pas vraiment certain que tu me laisserais faire » répliqua Ned, en pensant qu’ils étaient passés maitres en matière de confusion et malentendu. Il n’était pas sûr que l’artiste soit sur la même longueur d’onde que lui. Malgré les mots, malgré la mise à plat. Il craignait d’aller trop vite et de se voir repoussé. Le souci, c’est qu’il n’avait aucune patience. Pas avec Eliezer. Il était trop dépendant de ses réactions, de son sourire, de la lueur qui passait dans son regard et qui le faisait parfois passer pour un rabat-joie. Gloussant en voyant la manœuvre d’Eliezer, il ne chercha pas à s’écarter, se contenant d’agiter les jambes et les bras pour rester à la surface. Il ferma brièvement les yeux au moment où Elie s’approchait pour l’embrasser et accueillit ses lèvres avec un soupir de soulagement et de contentement. Que c’était bon ! Il en avait presque oublié combien il était grisé par sa présence, ce qui avait conduit à leur dérapage, ce n’était finalement pas l’alcool. Même sobre, Ned le savait maintenant, il l’aurait embrassé, il l’aurait dévoré tout entier. Machinalement, le webdesigner passa la main autour de la nuque d’Eliezer et l’observa, appréciant sa proximité et cette mine qu’il affichait, comme piqué par la curiosité, intéressé, intrigué. « À cause des requins ? » le taquina Ned suite à son aveu, relâchant la pression quand Eliezer chercha à s’éloigner. Il émit un rire et entama une lente brasse dans le sillage du bel artiste, observant ses épaules qui émergeaient de l’eau et disparaissaient la seconde d’après. L’eau luisait sur celles-ci et cela fit remonter un tas de souvenirs imaginaires puisqu’il faisait sombre quand ils avaient fait l’amour. Or, en voyant sa peau luire, Ned l’associa aussitôt à la sueur qui perlait tandis qu’ils s’ébattaient et il déglutit avec difficulté quand il chercha à réprimer l’envie soudaine de l’arrêter là, au milieu des requins invisibles pour se l’approprier, ne faire plus qu’un, une fois de plus. Il s’en abstint cependant, ayant bien senti qu’Eliezer ne mourait pas de chaud. Parvenus au bateau, il laissa son amant grimper à bord, en sécurité, et hésita une seconde à le suivre. Il ne comptait cependant pas rentrer à la nage et finit donc par empoigner les barreaux de l’échelle pour se hisser hors de l’eau et sentir le froid mordant de la nuit lui picorer la peau. Une délicieuse sensation lui envahit la peau alors qu’il s’asseyait sur le bord, les jambes ballantes, n’ayant pas spécialement envie de se promener nu sur le pont du bateau. Oui, il était le seul fautif, il ne le niait pas, mais s’il n’était pas pudique, il n’était pas non plus exhibitionniste et il se tourna donc vers Eliezer en lançant : « Si à l’occasion, je pouvais récupérer mes fringues, ce serait sympa. Je vais t’épargner la vue de mon verre de terre. Il n’aime pas spécialement l’eau froide… » Une fois son boxer récupéré, il l’enfila prestement et dansa d’une fesse sur l’autre pour se couvrir le derrière. Ça n’était pas encore ça, mais c’était déjà mieux que rien. Se redressant, il alla récupérer la bouteille de vin et déclara : « Ça nous réchauffera. Et puis, si tu as encore froid, je suis là… » Il s’appuya contre le bastingage, la peau hérissée par la chaire de poule et observa son voisin, une lueur malicieuse dans le regard : « Tu avais prévu quoi d’autre, sinon ? Y a quelque chose à visiter, dans cette cabine ? » demanda-t-il en désignant celle-ci.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Mar 27 Mar 2012 - 1:14

Lorsqu'il vit que Ned le suivait, Elie, le coeur battant, se remit à nager et arriva rapidement jusqu'au bateau, sur lequel il remonta prestement. Frigorifié, il courut s'enrouler dans une serviette qu'il tira de sous une banquette située le bout du pont. Il en prit une pour Ned, et se fit violence pour ne rien tenter lorsque ce dernier remonta, le corps délicieusement constellé de gouttes d'eau. Son ventre se tordit brutalement et il se mordit la lèvre, s'efforçant de détourner le regard. Le désir faisait courir des langues de feu dans tout son corps. Il songea à ce que Ned lui avait dit dans l'eau, et se demanda si tous, ils n'avaient pas manqué quelque chose, quelque part. Pourquoi fallait-il qu'ils s'effleurent sans se comprendre ? Doucement, il s'approcha de son amant appuyé sur le bastingage. « Enroule-toi là-dedans, tu vas attraper froid sinon. » murmura-t-il d'une voix douce. Se retrouver si près de lui, alors qu'il était plus désirable et plus vulnérable que jamais le rendait fou. Maîtrisant pourtant tant bien que mal son envie de tout balancer, il entama de protéger son amant de la brise marine. Il resta quelques secondes silencieux, puis ne put rester muet plus longtemps, mu par l'envie de comprendre. « Tu sais, si tu avais voulu me déshabiller ... » Il laissa sa phrase en suspens, entourant Ned dans la serviette et le frictionnant un peu pour le réchauffer. Cet homme lui faisait perdre la tête. Il en prenait conscience, désormais. Se savoir si proche de lui faisait gronder quelque chose dans son ventre. A moins que ce ne soit la faim ? Non. Ce soir, il n'avait faim que d'une seule chose et c'était de lui. Un désir dévorant, douloureux, entêtant, qui mettait chacun de ses sens au supplice alors qu'il était si proche de lui, et qu'il aurait pu le posséder. Mais une fois de plus, Elie avait l'impression de se retrouver sur le banc de touche. Il n'avait sûrement pas été assez explicite, malgré son baiser, dans sa façon de lui dire qu'il lui plaisait. Ned lui plaisait. Il l'admettait. Il y avait si longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé dans cette conjecture qu'il en avait presque oublié comment procéder. Pourquoi Nuala n'était-elle jamais là quand il avait expressément besoin d'elle ?! Elle lui aurait rafraîchi la mémoire, et plus vite que ça. Les yeux plongés dans ceux de Ned, il se contenta d'effacer une goutte d'eau sur sa joue du revers du pouce, et lui sourit furtivement, cachant là sa vague déception. « Non, rien. » J'aurais dit oui, sans hésiter une seule seconde. Je me serais abandonné tout entier, je ne t'aurais pas quitté au matin ... Il avait suffi d'une seule nuit. Une seule nuit, et il était sous le charme, prisonnier du sortilège de Ned. Elie ne pouvait pas s'en empêcher. Pourtant, il avait essayé. Après leur dispute, il avait véritablement tenté de se persuader que tout ça n'avait été une magistrale erreur, qu'il était bien mieux seul. La nuit d'après, lorsqu'il s'était couché seul, et qu'il avait ressenti ce sentiment d'absence poignant qui le traversait chaque soir sans exception depuis la mort de Nathan, ce n'était pas les bras de son amour disparu se refermant autour de son taille qui lui avaient manqué, ni ce « Je t'aime » qu'il avait l'habitude de lui souffler dans le cou, mais le corps de Ned contre le sien, et à défaut d'un mot d'amour, son sourire en coin. Le manque. L'absence. Ned lui avait manqué. Horriblement. Atrocement. Elie s'écarta doucement, à regrets et se tourna à demi pour balayer son bateau du regard. Qu'avait-il prévu, au fait ? Rien. En fait, rien ne s'était passé comme il l'avait prévu, et au final, ça lui convenait plutôt bien. « Je dois t'avouer que côté idées, je suis à sec. » avoua-t-il, un sourire aux lèvres, s'en fichant un peu final. « Et pour la cabine, il n'y a rien à voir, navré. A moins qu'on se colle l'un à l'autre et qu'on marche en crabe, je ne sais même pas si on peut y rentrer tous les deux. » Brusquement, l'idée de se coller à un Ned ruisselant fit grimper son désir sans équivoque et rougissant, il lui tourna complètement le dos et ajouta en faisant mine de se diriger vers le volant. « Si tu as faim, on peut regagner la terre ferme. Je connais un chouette restaurant sur la plage. » Un chouette restaurant sur la plage ? Et pourquoi pas une baraque à frites ? N'importe quoi. Elie aurait presque pu entendre Nuala soupirer d'un air exaspéré sur sa nuque. S'étant retourné vers Ned, il se passa la main dans les cheveux, se rappela qu'ils étaient mouillés et la retira immédiatement. Il s'humecta nerveusement les lèvres. « Ou alors, on peut aller chez moi. » Il n'avait pas amené d'hommes chez lui depuis ... une éternité. Rapidement, il refit un tour virtuel de son salon comme il l'avait laissé. Rien de compromettant, pas de photos, pas de souvenirs qui auraient pu mettre la puce à l'oreille à Ned. C'était peut-être le bon moment pour lui dire ? Mais comment amènerait-il ça ? 'Au fait, je ne t'ai pas dit, mais l'homme comme je considérais comme l'amour de ma vie est mort du sida.' Ned n'agirait plus de la même façon avec lui après ça ? Il ne voulait pas voir de la pitié dans son regard, ni de la peur. Surtout pas de la peur. C'était ce qu'il y avait de pire. Nerveux, il avisa ses vêtements et se rhabilla, pour ne pas rester trop concentré sur la silhouette de son amant.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Dim 1 Avr 2012 - 22:38

Il était vrai que le froid se faisait plus mordant, maintenant qu’il était hors de l’eau et que la brise nocturne venait insidieusement caresser sa peau dénudée. Frissonnant, il sentit ses dents claquer doucement et de façon incontrôlable, mais la sensation n’était pas désagréable. Et puis, la simple vue d’un Eliezer complètement trempé avait de quoi lui réchauffer le cœur. Aussi souriait-il quand Eliezer s’approcha avec une serviette moelleuse et douce au toucher, dans laquelle il s’enroula docilement. Le contact du tissu et la proximité de son voisin le firent sourire. « C’est trop tard, j’ai déjà froid » commenta-t-il en riant, se frictionnant les bras pour réchauffer ses membres glacés. Qu’il s’agisse des requins ou de la pneumonie qui le menaçait, Ned ne regrettait rien de son moment de folie. Un bain de minuit dans une eau plus chaude aurait probablement été plus agréable, il aurait peut-être réussi à garder l’artiste auprès de lui plus de trois minutes mais peut-être que l’occasion se représenterait, qui sait, et à ce moment-là, il ne laisserait pas sa chance ni Eliezer s’échapper. Quand il reprit la parole, Ned se contenta de l’observer, le sourire en coin, attendant la suite… qui ne vint pas. Et il ne fit rien pour rattraper cette perche tendue, la laissant couler alors qu’Eliezer s’écartait. Pourquoi ? Lui-même l’ignorait. Le froid lui avait engourdi l’esprit, se dit-il, trouvant là la piètre excuse pour expliquer son silence quand tout ce qu’il voulait c’était se réchauffer contre lui et non sous une serviette, aussi moelleuse soit-elle. Les mots restaient calés dans sa gorge et il laissa cette nouvelle opportunité de tout mettre au clair s’envoler. Il avait peur, malgré les révélations, la jalousie, l’envie de l’autre, tout était limpide et pourtant, il ne parvenait pas à se résoudre à mettre des mots sur ses questions. Mais qu’étaient-ils au juste ? Était-il supposé l’inviter à un autre rendez-vous, un véritable premier rendez-vous, pas une rencontre suite à un verre renversé ou à une œuvre caritative, un vrai rencard où ils se diraient à la fin s’ils voulaient se revoir ou s’ils en restaient là. Mais ils avaient passé ce stade. Il n’y aurait plus cette innocence du premier rendez-vous, elle était passée à la trappe le soir où ils avaient trop bu et finalement, Ned ne la regrettait pas tant que ça, il était juste peu habitué à avoir une relation si peu conventionnelle. Jamais, auparavant, il n’avait eu de réelle relation avec les hommes qu’il rencontrait un soir et qu’il oubliait instantanément. Dans ce cas-ci, il aurait pu mettre ça sur le compte de leur voisinage mais il savait au fond que ce n’était pas vrai. Il fantasmait déjà sur l’artiste avant de le connaitre. Il ne rêvait plus que de lui depuis ce fameux soir et il se sentait maladroit en sa présence. Ils faisaient tout à l’envers et c’était ça aussi qui rendait leur relation si enivrante. Il ignorait ce qu’il se passerait par la suite. « Ça ne me dérange pas d’être collé à toi » répondit-il simplement avant de se détacher du bastingage pour se pencher et récupérer le reste de ses vêtements, tandis qu’Eliezer lui tournait le dos. Faim ? Non, étrangement, il n’avait pas faim, lui qui ne refusait jamais la perspective d’un bon repas. Mais il était trempé et frigorifié et n’avait donc aucune envie d’aller s’enfermer dans un restaurant plein de monde, avec l’idée que sa peau devait être salée, ce qui lui donnerait invariablement des démangeaisons. Il n’avait pas envie de le quitter, non plus, craignant d’un côté que le ravin revienne les séparer s’il le laissait s’éloigner trop longtemps. Aussi, la solution proposée par l’artiste l’enchanta. « Pèse bien tes mots, Rosenberg » l’avertit-il, le sourire aux lèvres. « Parce que si tu espères me voir disparaitre au matin, ne compte pas sur moi… » Et recommencer leur danse ridicule ? Jamais. Il s’installa à la petite table qu’ils avaient si rapidement abandonné après l’oubli infortuné de leur diner et il ajouta, plus sérieusement : « Mais avant, juste histoire de mettre les choses au clair… » Et voilà, l’engourdissement passé et la perspective de découvrir l’univers de son voisin lui ayant remis les idées en place, il revenait à l’essentiel, pour s’assurer qu’ils étaient sur la même longueur d’onde et, aussi, parce qu’il avait besoin de savoir où cela les mènerait, même s’il ne demandait pas une promesse d’avenir. Juste l’assurance qu’Eliezer était bien prêt à tenter quelque chose avec lui, quelque chose qui mènerait quelque part, et non pas quelques coucheries ici et là. « On est bien d’accord qu’on ne joue plus aux cons, s’il y a un truc qui ne va pas, on le dit à l’autre ? » Il ne parlait de rien en particulier, il voulait juste éviter un autre malentendu comme celui qui les avait séparés ces derniers mois. « Enfin, je veux dire… » Il tapota nerveusement sur la table, comme il le faisait depuis sa plus tendre enfance. « Pour moi, ça voudra dire quelque chose, si je viens chez toi. Je veux juste être certain que tu es prêt pour ça aussi ou si tu préfères attendre, qu’on se voie encore dans des endroits neutres ou quoi… » Il devenait un peu trop solennel à son goût mais comme il ignorait comment il était censé s’y prendre, il ne trouvait pas les mots justes. Au fond, il voulait juste qu’ils débutent quelque chose, si ça ne marchait pas, il n’en ferait pas un drame, mais il serait plus facile d’arrêter maintenant que plus tard, conscient qu’il était que ce qu’il ressentait, là, tout de suite, en plein dans le collimateur d’Eliezer, était fait pour grandir, s’étoffer et non disparaitre au bout de quelques semaines. Il en était persuadé pour une unique et simple raison : c’était la première fois qu’il se sentait aussi fébrile et impatient de voir ce qu’il se passerait ensuite. À ses yeux, c’était un parfait indice qu’il n’y avait qu’un mot à dire et il lâcherait prise pour se lancer dans l’aventure. Mais ça, il ne le ferait qu’en étant certain que c’était réciproque. « Je demande pas le mariage, hein » tenta-t-il de le rassurer, au cas où ses paroles l’auraient effrayé. « C’est juste que… tu me plais bien, l’artiste » Voilà qui était dit et s’il n’était pas du genre à rougir, il sentit quand même son cœur s’emballer suite à cette confession.
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Message(#) Sujet: Re: without valentine's day, february would be... well, january ? Sam 7 Avr 2012 - 16:21

Le fait que Ned se soit rhabillé soulagea Elie. Il n'avait plus à endurer la vision de son corps et pouvait se concentrer sur des choses bien moins frivoles que le fait de lui faire oublier toute notion de décence, bien que ses mots qui sous-entendaient une longue nuit ne l'aidaient pas à calmer la rougeur qui colorait ses joues. Ne pas avoir connu d'hommes pendant deux ans avait amoindri ses capacités de contrôle, et Elie se mordit l'intérieur des joues pour ne rien répliquer d'insensé. De toute façon, il ne voulait pas le voir partir au matin. Si jamais Ned se retrouvait dans son lit ce soir, il comptait l'empêcher de partir avant que les draps ne soient totalement imprégnés de son odeur, de sa chaleur, de sa présence. Mais la suite le fit dévier de telles pensées et il resta suspendu aux lèvres de Ned, le coeur battant, absorbant chacun de ses mots. L'espoir que Ned semblait placer en leur relation lui donna à la fois des papillons dans le ventre et des sueurs froides, deux sensations qu'il n'aurait pas cru pouvoir éprouver un jour en même temps. Sa dernière confession lui fit rater un battement de coeur, et il s'approcha de son amant. Il était à la fois terrifié et charmé. Et il était incapable de choisir entre les deux. « Seulement bien ? » murmura Elie avec un sourire. Tu me plais plus que bien, toi. Comment pouvait-il lui faire comprendre sa crainte irrationnelle de l'engagement à long terme, son incapacité à se donner totalement ? Tout ça n'avait qu'une seule origine et après deux ans de deuil et d'auto-thérapie, il ne parvenait toujours pas à en parler. Seulement ... Seulement, Ned était sa chance à saisir, sa chanson d'amour à écrire. Alors il devait se faire violence, en parler petit à petit, l'évoquer sans le nommer d'abord, puis parvenir à dire son prénom tout haut, sans qu'il ne s'insinue entre eux comme une barrière infranchissable et glacée. « Je ne suis pas sorti indemne de ma dernière histoire. » avoua-t-il. Sa confession brutale était adoucie sa voix, à peine un murmure. Il aurait voulu lui expliquer ce sentiment de destruction intérieure, ce vide vertigineux et abyssal, et enfin, la douleur qui ne le quittait jamais, le manque, l'absence, la culpabilité causée par son geste désespéré, son incapacité à donner sa chance à un autre homme. Mais il ne dit rien de plus que ces quelques mots, incapable de se livrer un peu plus. Évoquer Nathan en profondeur ce soir n'aurait servi qu'à les éloigner, et ce n'était pas ce qu'Elie voulait. Au contraire. Il ne désirait rien de plus que de l'avoir auprès de lui, juste un peu plus longuement que la dernière fois. « Et à cause de ça, je n'ai pas amené quelqu'un chez moi depuis très longtemps ... Alors oui, ça signifie quelque chose. » ajouta-t-il avec une ébauche de sourire aux coins des lèvres. Ce n’était peut-être pas ce qu’espérait Ned, ce 'quelque chose', mais Elie devait se rendre à l’évidence que d’inviter cet homme chez lui était un bond dans l’inconnu. Son regard s'égara dans le sien un petit moment, puis, prenant conscience que s'il n'ajoutait rien, il allait céder au désir qui le taraudait, Elie s'écarta. « Bon maintenant que la séquence émotions est passée, on va voir ce je vaux comme capitaine avec trois verres de vin dans le sang. » déclara-t-il pour détendre l'atmosphère. Ses yeux s'échappèrent à regret de ceux de son amant et il alla s'installer à la barre. La traversée de la baie fut rapide, peut-être un peu trop à son goût. Il craignait qu'en revenant à terre, la magie se soit quelque peu rompue. Mais quand il posa le pied sur la jetée, ce sentiment d'évoluer dans un rêve ne le quitta pas. Au contraire, il s'amplifiait, gonflant sa poitrine d'un souffle différent. Le trajet en voiture fut en revanche une longue torture. Concentré sur le route, Elie faisait de son mieux pour arborer une allure détendue, mais au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient du 7193, Lemon Street, il se sentait assailli de questions. Et si rien de tout ça ne fonctionnait ? Et s'il faisait une erreur en l'autorisant à pénétrer son monde ? Quand il se gara devant sa demeure endormie, il jeta un regard nerveux à la maison de Ned et fut tenté de rouler encore quelques mètres pour le déposer chez lui. Mais oserait-il se regarder en face après ça ? Comment pourrait-il exiger de son voisin qu'il ne passe pas à autre chose ? A cette seule pensée, la jalousie lui servit d'impulsion et il sortit de la voiture, bientôt suivi de Ned. Elie ne voulait pas imaginer sa propre réaction s'il découvrait un beau matin un inconnu en train d'embrasser Ned sur son perron. Il attendrait sans doute que son voisin soit rentré chez lui pour aller expliquer sa façon de penser à l'intrus. A l'aide d'une batte de base-ball, par exemple. Tout à ses pensées de vengeance éventuelle, Elie inséra sa clé dans la serrure et tourna la poignée. C'était si naturel qu'il en fut le premier surpris, et se décala pour laisser son amant entrer, avant de le suivre, lui laissant quelques pas d'avance dans le noir. « Bon ben … Voilà. » Elie alluma la lumière pour faire découvrir son entrée et son salon à Ned. Rien de bien mirifique, mais le voir s’approprier son espace avait quelque chose de magique et de terrifiant. Il était là, c’était bien réel, il l’avait bien fait entrer dans sa maison. Osant à peine croire à son audace, Eliezer ferma la porte qui claqua dans un bruit sourd. Un frisson courut le long de son dos. La maison était silencieuse, et pendant un instant suspendu dans le temps, il n’y eut que le bruit de leur respiration pour troubler l’atmosphère étonnamment paisible de la demeure. Le regard posé sur la nuque de Ned, Elie s’approcha doucement de lui et lui effleura la main tandis qu’il le dépassait pour lui ouvrir le chemin vers le salon. Il prit conscience que son cœur battait fort dans sa poitrine. Ses mains tremblaient un peu – de peur ou d’excitation, il n’aurait pas su le dire. Tout était si délicat avec Ned. Délicat … Et délicieux. Je suis un ado de dix-sept ans avec lui, songea-t-il et cette idée le fit plus sourire qu'autre chose. « J’allais te proposer de boire quelque chose, mais vu comment ça a terminé la dernière fois, je vais peut-être m’abstenir. » plaisanta Elie. Il se tut cependant, incapable de faire autre chose que de se mordre la lèvre. L’évocation de leur nuit passée ensemble fit remonter en lui des souvenirs qui le brûlaient de l’intérieur. Il aurait voulu toucher ses lèvres au goût de sel, encore, rien qu’une fois.
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